Un sol vivant et fertile

Nourrir le sol pour nourrir la plante constitue un des principes clés de l’agriculture biologique grâce l’introduction de légumineuses et engrais verts dans la rotation et par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques de préférence compostés. Plus riches en matière organique, les sols agricoles des parcelles cultivées en agriculture biologique accueillent davantage d’animaux, parfois microscopiques.

Le rapport de L’ITAB relatif aux bénéfices de l’agriculture biologique souligne que la plupart des articles issus de la littérature internationale concluent à des teneurs en matières organiques élevées dans les sols conduits en agriculture biologique.

Le même rapport indique que la vie du sol est également plus importante notamment grâce à la non utilisation de pesticides chimiques de synthèse. Ainsi, l’activité biologique du sol est plus développée. Les organismes vivants du sol – comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface – sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité biologique plus intense.

La richesse en matière organique améliore les caractéristiques physiques des sols : stabilité structurale accrue, meilleure porosité, capacités de rétention en eau plus élevées. Ces dernières permettent une plus grande résistance des cultures à la sécheresse.

Une eau de qualité

La non utilisation de pesticides chimiques de synthèse préserve la flore et la faune aquatiques, le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux.

L’introduction de culture de légumineuses dans les rotations de cultures et l’apport de matières organique aident à réguler la fertilité des sols et limitent le passage de l’azote dans l’eau sous forme de nitrates.

La fertilisation des sols en agriculture biologique est effectuée grâce aux engrais organiques. L’azote d’origine organique se lie aux argiles du sol et ainsi il est libéré de façon progressive sous forme de nitrates solubles : les risques de lessivage sont donc réduits. La pratique des cultures d’engrais verts, la forte présence de prairies réduit également le risque de lessivage des nitrates.

Ainsi, selon le rapport de l’ITAB sur les aménités de l’agriculture biologique, plusieurs études concordent sur un moindre lessivage des nitrates en AB. Alors que ce même rapport conclut également au fait « qu’une réduction à la source des pollutions agricoles est bien moins onéreuse qu’un traitement des eaux avant distribution », la présence de parcelle s en agriculture biologique dans les zones de captage d’eau constitue donc l’un des leviers les plus efficaces pour reconquérir et préserver la qualité de l’eau.

De nombreux sites en France se sont engagés. Vous pouvez les consulter sur le site « Eau et Bio ». Vous y trouverez une information complète et régulièrement actualisée pour accompagner les acteurs de l’eau et du monde agricole dans la transition agricole de leur territoire, notamment sur les zones à enjeu eau, vers l’agriculture biologique.

une biodiversité préservée

L’agriculture biologique permet de protéger les espèces et de restaurer des écosystèmes terrestres et aquatiques grâce à :

  • la non utilisation des pesticides de synthèse,
  • la présence de prairies, haies, bandes enherbées,
  • des rotations de cultures plus diversifiées et plus longues offrent des abris et des ressources alimentaires plus variées et continues.

Le rapport de l’Itab relatif aux bénéfices de l’agriculture biologique reconnait que l’agriculture biologique contribue à une diversité et une abondance d’espèces et permet également la préservation des services écosystémiques tels que la pollinisation ou la régulation.

D’ailleurs cette faune diversifiée est également précieuse pour les agriculteurs bio :

  • les abeilles pour polliniser les cultures et les arbres fruitiers,
  • les vers de terre pour fertiliser le sol,
  • les coccinelles, les crapauds, les hérissons pour protéger les cultures.

un atout pour le climat

  • La production alimentaire est responsable de 57% des émissions de gaz à effet de serre de notre assiette, selon une note du Commissariat général au développement durable. ( Le point sur – Numéro 158 – Mars 2013)

L’agriculture biologique, de par ses pratiques culturales, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part en limitant les rejets polluants et d’autre part en stockant davantage de CO2 dans le sol.

Les émissions de gaz à effet de serre sont limitées grâce à :

  • la non-utilisation d’engrais azotés chimiques de synthèse. L’emploi d’engrais organique permet de ne pas contribuer à l’émission de CO2 nécessaire pour la fabrication industrielle d’engrais chimiques de synthèse ;
  • la culture de plantes légumineuses permet la fixation biologique de l’azote dans le sol et réduit donc les émissions de protoxyde d’azote (NO2). Ces cultures contribuent non seulement à limiter les émissions de gaz à effet de serre mais servent aussi à améliorer la fertilité du sol.

La séquestration du carbone est favorisée grâce à :

  • des rotations de cultures longues et limitant le nombre de labours ;
  • l’élevage en plein air sur des prairies permanentes fixent le carbone dans le sol et compensent les émissions de méthane des animaux ;
  • la protection des structures écologiques telles que les haies, les arbres et le maintien de bandes enherbées. Ces éléments sont également favorables à la biodiversité animale et végétale

des emplois dans les territoires

En 2017, on estime que les métiers de l’agriculture biologique comptent près de 134 500 emplois directs (les emplois dans les fermes bio et ceux liés aux activités de transformation et de distribution), soit 16 500 de plus qu’en 2016. Ce sont 49 200 emplois directs qui ont été créés depuis 2012, avec une croissance annuelle moyenne de +9,5 % depuis 5 ans.

Alors que l’emploi agricole diminue à un rythme de -1,1 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015, l’emploi dans la production agricole biologique a progressé de 10 669 emplois en temps plein entre 2017 et 2016, soit +13,7 % : une performance. (Source Bilan annuel de l’emploi agricole (BAEA), Agreste Chiffres et Données Agriculture n°238, juillet 2017)

Ces créations d’emplois contribuent au dynamisme des territoires français. Outre les bénéfices pour l’environnement et le bien-être animal, les filières biologiques apportent une valeur ajoutée importante à la vie économique et sociale locale. Avec un marché dynamique, qui s’approvisionne à près de 69 % en France, lorsqu’un consommateur achète un produit bio, il soutient l’emploi en France.

une alimentation de qualité

L’agriculture biologique constitue en France l’un des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine.

Contrôlé par des organismes certificateurs indépendants, ce mode de production permet d’obtenir des produits aux qualités sanitaires et nutritionnelles avérées.

Dès 2003, l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) avait conclu à une concentration en certains nutriments plus élevée dans les produits bio. Les résultats des études suivantes sur ce sujet et en particulier les dernières méta-analyses conduites par l’université de Newcastle en 2014 (les fruits et légumes) et 2016 (les produits laitiers et la viande) ont de nouveau démontré que le mode de production et de transformation bio est à l’origine de réels atouts nutritionnels :

  • une teneur supérieure en polyphénols dans les fruits et légumes car ils sont produits naturellement par les plantes pour se protéger en cas d’attaque environnementale,
  • une richesse naturelle du lait en Oméga 3 car les vaches bio sont nourries essentiellement avec de l’herbe,
  • des teneurs plus fortes en acides gras poly-insaturés dans la viande bio car les rythmes naturels sont mieux respectés et la croissance des animaux est plus lente.