Hervé Longy, le maire qui passe sa cantine en bio -presque- du jour au lendemain !

Élu maire en 2020, Hervé Longy n’a pas eu besoin des six années de son mandat pour remplir sa promesse sur le bio, mais de six mois seulement !

Cet ancien directeur d’exploitation au lycée agricole de la ville de Naves, 2400 habitants, a mis en œuvre les mêmes méthodes que celles employées là-bas : « on m’a toujours dit que c’était trop cher, que ça ne fonctionnerait pas. Et nous sommes passés au bio en 1998 et au 100% bio en 2009 en travaillant avec les agriculteurs, en les accompagnant vers le mieux disant. Le changement s’est produit lorsque nous avons amené les produits au lycée, qui est doté d’un atelier de taille significative. Avec FORMA bio, nous avons déployé le plan EPA (enseigner produire autrement) et une fois que le pli est pris, on ne revient plus en arrière ».

Pour la ville, l’opération a donc permis de passer de 1,5% à 65% de bio dans les 180 repas quotidiens de la cantine en six mois seulement. Hervé Longy est allé voir tous les producteurs locaux qui ont soutenu sa démarche, ce d’autant qu’il s’est engagé à ne jamais négocier les prix avec eux « c’est un principe de base. Ils savent ce dont ils ont besoin pour vivre. On focalise sur le coût matière, mais c’est un faux débat, cela ne représente qu’une petite part du coût des repas, au milieu de la main d’œuvre, du transport et autres. Passer au bio a représenté un surcoût minime : de 1,70 euros à 1,88 euros par repas, c’est tout à fait supportable et nous avons trouvé les fonds en économisant sur l’éclairage nocturne, bien avant la guerre en Ukraine, c’est frappé au coin du bon sens ».

Au-delà de la vertu économique et environnementale avec les producteurs locaux,  Hervé Longy identifie trois indicateurs clés du succès de la démarche : « d’abord, concernant le goût. Aucun instituteur ne mangeait à la cantine auparavant et ils y mangent tous désormais ! Ensuite, nous nous faisons gentiment disputer par des parents qui disent que leurs enfants ne veulent plus que du bio chez eux pour faire aussi bien qu’à la cantine : quand nous prévoyions 10 kilos de tomate naguère, nous passons à 15 kilos, car les mômes se resservent et ça c’est la plus belle des récompenses ! Et le dernier à profiter de la démarche, c’est le chef que nous avons embauché. Ça donne du sens à son métier : au lieu d’être dans une cantine ouvre-boîte dans laquelle il se contente de servir du sous-vide que les enfants touchent à peine, il pèle lui-même les patates pour faire des frites que les enfants s’arrachent ». A celles et ceux qui croient que passer leur cantine en bio prendra nécessairement des années et grèvera les comptes municipaux, allez faire un tour en Corrèze vous détromper pour la bonne cause !  

Camille Labro, propagatrice d’une idée folle

Incontournable journaliste culinaire depuis vingt ans, Camille Labro a cessé de répondre aux sollicitations de médias et d’éditeurs guignant sa signature, pour consacrer toute son énergie à L’école comestible, une association qui introduit les légumes bio dans les écoles publiques et réalise l’impensable : faire aimer le chou rave aux bambins.

Personne ne se souvient que le 11 septembre 2001, à New York, se tenait la fashion week. Camille Labro, si. Alors journaliste mode, elle était sur place pour Paris Première et se retrouve du jour au lendemain à filmer les conséquences du désastre. L’idée mûrit de quitter deux vies : les États-Unis et une forme de journalisme distancié.

Rentrée en France en 2002, elle croise Isabelle Lefort, rédactrice en chef du supplément de la Tribune, qui lui confie une page hebdomadaire sur le sujet de son choix et l’évidence la saisit « je devais trouver un sujet dont je ne me lasserai jamais, que je pouvais explorer sous tous les angles et je me suis dit « mais bien sûr ! La bouffe ! ». L’exigence d’Isabelle a décuplé ma motivation et j’ai rencontré tout le monde dans le milieu. D’abord, pour essayer de comprendre, ensuite pour donner à voir celles et ceux qui nous nourrissent bien. On me dit parfois que c’est du journalisme engagé, à la limite du lobbying, mais moi j’assume de parler des paysans, de celles et ceux grâce à qui on mange mieux et qu’on ne voit pas assez ».

2003-2023 : vingt années de portraits, de pages dans le M du Monde, de livres et de documentaires comme « le bonheur est dans l’assiette » pour Arte. Cela aurait pu continuer de façon exponentielle, mais en 2019, sa famille la met face à ses responsabilités : « d’abord, je vois ma fille de 5 ans faire des maths avec justesse en comptant les haricots que nous avions planté. Ensuite, mon fils entre dans une école primaire qui dispose d’un jardin sur le toit. Je demande à l’institutrice ce qu’ils y font et elle me répond « nous n’y allons jamais, nous n’aurions pas le temps de finir le programme ! ». Je tombais des nues… Et puis ma marraine, la restauratrice et fondatrice de Edible schoolyard (Ecoles Comestibles) Alice Waters, me rendit visite. En regardant la carte des 5000 « Edible schoolyards » créés dans le monde, elle me demanda : « Camille, how come there is nothing in France ? The country of gastronomy !”. Je me suis alors dit que je n’étais pas allé au bout de mes responsabilités pour mieux faire manger les Français et je me décidais à lancer L’école comestible ».

L’histoire devait se lancer tout doucement avec un anodin post Facebook dans la torpeur d’août « on va lancer L’école comestible en France. Who’s in ? » et face à l’avalanche de réponses positives, de propositions, L’école se développe à toute vitesse malgré le Covid.

Depuis sa création, L’école a dispensé 1400 ateliers, compte 4 salariés, une centaine de bénévoles et trois antennes régionales, et a accompagné des villes qui veulent développer le programme en autonomie. Ce ne sont pas ces chiffres là que Camille Labro retient en premier, mais celui de moins de 1% : « c’est celui du refus de goûter. Qui ne nous arrive donc presque jamais. Les enfants passent les ateliers les mains sales et la bouche pleine, ils triturent et goûtent, et goûtent encore avec des surprises émerveillées. Ils goûtent cru, tirent la langue, mettent de l’huile, un trait de citron, du sel et en redemandent. Même, voire surtout avec du topinambour, ou notre produit star, le chou rave ! ». Pour celles et ceux qui seraient sceptiques, allez voir le film de présentation de l’association (https://www.ecolecomestible.org/) soit tous les enfants sont éligibles aux Césars de meilleurs espoirs, soit ça marche vraiment.   

Après des débuts improvisés avec ses propres enfants comme « cobayes », l’association se structure très rapidement, produit des fiches pédagogiques et 15 kits sur des thématiques aussi diverses que l’incontournable cagette de légumes de saison, la découverte des légumes, graines et grains, sens et goûts, herbes aromatiques, anti gaspi…  Tous ces sujets sont traités en atelier d’1h30, impérativement pendant le temps scolaire, principalement de la grande section de maternelle jusqu’au CM2 avec des modules adaptés à l’âge des enfants. Les ateliers ont lieu dans des écoles publiques, avec un souci d’aller dans les écoles où les enfants n’ont pas accès au bio, et uniquement avec des légumes, et rien d’autre : « d’un point de vue pragmatique, les légumes ont tous les avantages. C’est plus simple dans une perspective d’hygiène que des viandes ou poissons et ne pose aucun problème d’allergie ou d’interdits alimentaires. Surtout, les enfants ne savent rien des légumes, ils reconnaissent tout juste les carottes ou les radis, mais ne connaissent rien de la production, de la récolte, la saison, le goût… Pour eux les betteraves, ce sont des cubes rouges dégoûtants servis à la cuisine ».

Pour démythifier les légumes, L’école comestible propose de venir avec les producteurs directement, des artisans et des chefs, pour cuisiner dans la salle de classe. Ils discutent et racontent toute la vie des légumes en explorant, sans s’appesantir, tout le programme scolaire : « les proportions des recettes font faire des maths, rutabaga et topinambour enrichissent le vocabulaire, et les épices offrent un prétexte pour parler géographie et histoire avec leur provenance. Les enfants retiennent et assimilent tout sans effort ».

Et la chaîne de lutte contre « l’illettrisme alimentaire » ne s’arrête pas aux enfants, puisque les professeurs impliqués s’engagent de manière pérenne dans l’association (nombre d’entre elles et eux, quand c’est possible, tentent d’installer un potager au sein de l’école) et les parents des élèves, parfois, changent leurs habitudes courses et vont au marché. Pour le reste, l’avenir de L’école comestible sera ce que les personnes impliquées pour mieux manger en feront, et les ateliers dispensés en classe étant gratuits pour les écoles, un don ici planterait déjà quelques graines. 

Jean Verdier, passeur au sein de l’Équipe de France du Bio.

La performance n’a d’importance que si elle collective. Voilà, en substance, le mantra de Jean Verdier, infatigable promoteur de la bio depuis des décennies, tant comme agriculteur qu’acteur de premier plan des fédérations professionnelles de transformateurs..

Fils d’agriculteurs conventionnels, Jean Verdier n’a pas prolongé l’héritage de l’exploitation tout de suite. Il a préféré s’ouvrir de nouveaux horizons possibles pendant ses études, mais l’écologie et l’agriculture se sont rappelées à lui : « en prépa, j’ai assisté à une conférence de René Dumont qui m’a sensibilisé à la faim dans le monde et cela a orienté mes études d’ingénieur, avec une thèse sur les pesticides et leurs métabolites. Alors, je pestais car on parlait trop souvent des fongicides, que l’on savait pourtant cancérigènes, comme « non dangereux » et je me suis dit que je voulais œuvrer à faire différemment ».  

Après des débuts chez Vitagermine, comme directeur des titres, il est rattrapé par le virus entrepreunarial « un agriculteur est un entrepreneur » aime-t-il rappeler en 1984 et se lance dans le bio en Aquitaine. Il créé Naturgie et reprend Favols en se lançant dans les confitures bio sans sucre 100% fruits. Le fait que le bio soit alors embryonnaire ne l’impressionne pas, et rapidement, il rencontre non pas des clients, mais des consommateurs : « le « faire avec » commence avec eux, nous partagions des expériences nutritionnelles, nous échangions sur leurs besoins. Nos vies quotidiennes modernes ont besoin de transformation alimentaire, car tout le monde n’a pas des fruits frais au réveil, mais cela n’exclut pas d’utiliser des produits bio, sains et haut de gamme gustativement ». Et c’est en échangeant avec celles et ceux qui mangent ces productions qu’il innove en passant à l’épicerie fine avec des chutney et autres variations vers l’aigre doux et le sucré salé qu’il commercialise dans les magasins spécialisés bio. Quid de la grande distribution ? « Je suis sceptique. Ils ont opportunément pris le pli de la bio à une époque et cela a d’ailleurs fait leur croissance, mais dès qu’il y a un coup de Trafalgar, ils n’insistent pas trop pour défendre… Mais ça n’est pas grave : je vois là d’où on vient et 5/6% de la consommation globale, c’est un premier jalon et on sait où l’on va ».   

 

Et ce chemin, il ne le fait pas seul. Ni comme agriculteur, ni comme militant professionnel, lui qui a présidé pendant 15 ans le SYNABIO : «j’aime le jeu collectif ! Un entrepreneur anime des équipes et il me semblait naturel d’en faire de même dans des organisations professionnelles qui pèsent peu face au reste des producteurs. Cette modestie de la taille nous pousse à l’union, y compris dans des secteurs très différents, et c’est tant mieux ».  

 

 

Pour boucler la boucle collective, Jean Verdier vient d’accepté de présider le conseil de surveillance de Solidarmonde, entreprise pionnière du commerce équitable avec les pays du Sud : « pour toutes les denrées qui ne poussent pas chez nous, dites « exotiques », il y a une vraie nécessité à faire progresser les producteurs locaux en leur offrant une juste rémunération et à importer ces valeurslà en Europe. Notamment la contractualisation pluri-annuelle, essentielle pour notre souveraineté alimentaire ! ». Le bientôt septuagénaire a conservé une énergie de gascon grâce à son allant pour le collectif et usant de son expérience qu’il distille volontiers «quand j’ai commencé ma carrière, on avait une inflation à 13% et les prix bloqués, alors la période actuelle ne m’effraye pas ! Je veux transmettre mon expérience et mes conseils à tous les jeunes qui veulent s’installer tant dans la production que de la transformation de la bio tout en restant dans l’action opérationnelle ». Continuer à distiller des passes décisives bio, en somme.  

Boris Tavernier casse les barrières

Avec son association VRAC ( Vers un Réseau d’Achat en Commun) Boris Tavernier amène l’agriculture biologique en banlieue. Au programme : concassage d’idées reçues, concours de cuisine et achats groupés pour mettre le bio à la portée des bourses les plus modestes. Et ce n’est que le début !

Dix ans déjà ! C’est en 2013 que Boris Tavernier monte à Lyon l’association VRAC, avec la Fondation Abbé Pierre et un bailleur social, soucieux de développer le « reste à vivre » de ses locataires. Aujourd’hui, l’association est présente sur 18 territoires, en France et en Belgique, et le réseau continue de s’étendre.  

Le principe, lui, est toujours le même : défendre l’accès à une alimentation durable et de qualité pour tous, en bio le plus souvent, et en circuit court. En allant au pied des immeubles des banlieues, et toujours en visant le maximum de monde possible.  « On dit que le bio est trop cher ? Moi je dis que les minima sociaux sont trop bas », clame Boris Tavernier. Et sans attendre que la pauvreté recule enfin, il agit.  « Le problème de l’accès au bio est double, analyse-t-il. Il y a le pouvoir d’achat, c’est vrai ; mais pour les habitants des banlieues, il y a aussi un problème d’offre. Dans beaucoup d’endroits, on ne trouve tout simplement pas de bio ! Alors nous, on y va. » 

 

Tout commence en général par des dégustations en pied d’immeubles – des produits bio, à 95 %. On goûte, on discute, on casse des barrières psychologiques. L’idée que le bio serait « pour les riches », notamment. Avec VRAC, le bio est proposé au prix d’achat des produits ; des dons et subventions permettent par ailleurs de payer les salariés de l’association – laquelle fonctionne aussi grâce à l’engagement de 800 bénévoles« Une fois les barrières franchies, nous montons un groupement d’achats, poursuit Boris Tavernier. Les gens passent commande selon leurs préférences et nous livrons dans les centres sociaux, en créant des épiceries éphémères avec les habitants. L’adhésion est à 1€, et tout le monde vient avec ses emballages et ses bouteilles… » Tout l’inverse de l’aide alimentaire, où l’on ne choisit pas le contenu du panier, avec parfois des événements exceptionnels. « Nous organisons aussi des concours de cuisine. Des chefs reconnus viennent goûter la cuisine des habitants – et la créativité est à l’honneur, notamment pour cuisiner végétarien : pour faire un poulet yassa sans poulet, il faut inventer ! »  

 

Jour après jour, les associations locales de VRAC contribuent à créer du lien, en cherchant les circuits les plus courts pour rapprocher les paysans et les consommateurs. Et elles rapprochent aussi les habitants entre eux, en développant des cuisines collectives. « La pauvreté est si forte, parfois, que l’accès aux produits n’est pas suffisant : le coût de l’énergie peut être prohibitif, explique Boris Tavernier. Cuisiner en commun, c’est à la fois réduire les coûts, et créer des rencontres. »  

 

Cette vision systémique, VRAC la déploie aujourd’hui au sein du « collectif pour une sécurité sociale de l’alimentation , qui milite pour la mise en place d’une carte universelle de sécurité alimentaire, alimentée de 150€ chaque mois, pour l’achat de produits de qualité, à la manière de la carte de sécurité sociale. « Une somme versée sans conditions de revenus», insiste Boris Tavernier. Car une politique pour les pauvres, c’est une pauvre politique ». Du bio pour tous, pour faire de la nourriture un outil de rapprochement universel ! 

Philippe Henry, le Benjamin Button bio

Le temps n’a pas de prise sur l’agriculteur du Grand Est qui a converti sa ferme en bio en 1997. Développer des activités nouvelles pour augmenter encore la circularité de sa production enchante ce thuriféraire de la cohérence environnementale.  

 « Je n’ai jamais eu l’âge de mon état civil ». Ce mot d’Aragon correspond parfaitement à Philippe Henry, à l’enthousiasme juvénile pour la bio : « Être agriculteur et militant de la bio en même temps, c’est exactement la même chose que les jeunes d’aujourd’hui qui veulent donner du sens à leur travail. Si on veut que ce que l’on fait au quotidien aujourd’hui continue à avoir du sens demain, il faut s’impliquer. Je le fais pour le collectif, bien sûr mais aussi à titre personnel, car j’y fais tant de belles rencontres que je ne veux pas arrêter ! » 

 

Quand il reprend la ferme de ses parents à quelques dizaines de kilomètres de Nancy, en 1997, il la convertit d’emblée en bio. Non par idéologie, mais par goût de l’innovation technique « les recherches alors en vogue dans le bio étaient très enthousiasmantes et ouvraient des perspectives que j’ai voulu suivre ». Il se lance donc avec une activité de viande bovine, de céréales, suivie dix ans plus tard par des pommes de terre. Inquiet pour les débouchés de ses produits, il prend la présidence de Probiolor, jeune coopérative locale fondée par une quinzaine d’agriculteurs et qu’il va développer pendant dix ans. Une expérience qui lui a laissé le goût du collectif : «j’ai découvert la puissance du travail d’équipe. Tout seul, on fait plein de choses, ensemble on les fait beaucoup mieux ! Et à cette époque, le bio balbutiant se transformait : nous sortions du cercle des seuls militants. Quand Carrefour est arrivé et a proposé sa boule bio, les débats étaient animés pour savoir que faire. Nous venions de convertir des artisans boulangers au bio, les interrogations sur la subsistance de notre modèle étaient fortes. Au final, le bouche à oreille a fonctionné et dans les années 2010, ça a vraiment décollé ».  

 

Si le vent a été porteur pour le bio en général, il le fut moins pour l’élevage de viande, ce qui lui paraît très sain. «C’est une question importante, mais très récente. La viande bio était préservée de la baisse de consommation, grâce au bien-être animal qui nous amenait des consommateurs engagés. Avec le Covid et l’inflation, nous sommes face à une baisse générale et durable, mais nous l’attendons sereinement : en 2010, je me suis associé avec un agriculteur du village voisin. On a des poules pondeuses et bon an mal an, nous passons les conjonctures défavorables avec davantage de résilience ». Et pour cause, ses bœufs comme ses poules mangent leurs céréales, formant une boucle locale aussi cruciale qu’essentielle à ses yeux : « la bio, c’est l’autonomie et donc l’assurance amont et aval à proximité de son exploitation. On ne peut pas aller chercher des fientes de volaille aux Pays-Bas pour nourrir la France, ça n’a pas de sens… Et quand je parle d’autonomie, ça signifie réfléchir à la distribution et au gâchis avant d’être obsédés par le rendement ».  

 

Cette recherche de cohérence irrigue sa réflexion, lui qui trouve que le bio est trop remisé au second plan des politiques publiques alors qu’elle embrasse toutes les luttes environnementales simultanément : «la transition agricole ne peut se résumer à des crédits carbone pour le stocker si on ne regarde pas en même temps les émissions produites et les doses d’azote qui annulent tous les gains. J’aimerai qu’on est cette cohérence à l’esprit, cette approche globale quand on pense modèle agricole ». De là à éprouver une forme de lassitude à ne pas être assez entendu ? Au contraire, il se diversifie toujours plus en plantant 8 hectares de noyers «les oliviers du nord » et conserve l’assurance indéfectible, qu’après un léger tassement, le bio va repartir de plus belle.  

 

Isabelle Bretegnier, nos enfants la remercieront.

Pour la nourriture des enfants, elle a tout quitté. Parente d’élèves militante, elle s’est formée à la nutrition puis pris la Présidence de Nourrir L’Avenir, qui accompagne les acteurs de la restauration collective partout en France pour que leurs cantines passent au 100% bio, 100% fait-maison, et le plus local possible. 

Il y a un peu plus de 10 ans, la vie d’Isabelle Bretegnier, alors laborantine, bascule face à la piètre qualité de la restauration collective proposée à ses enfants. Elle co-fonde avec d’autres parents le collectif «Pas d’usine, on cuisine !», et elle entreprend en parallèle une reconversion professionnelle pour être diététicienne nutritionniste, spécialisée en alimentation bio. « Le CNED permettait de la faire à son rythme, je l’ai fait en 3 ans pour prendre le temps de vraiment faire la bascule de changement de vie et m’y dédier pleinement ».  

 

Et dans la vie d’Isabelle, il y a beaucoup de rencontres, de parents, de producteurs, d’élus, de formateurs Tout un écosystème animé par l’envie de mieux faire manger les enfants. Devenue formatrice, Isabelle s’entoure de compagnons de lutte pour former en 2020 la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) Nourrir l’Avenir qui prend véritablement son envol : «Nous comptons environ 200 adhérents au sein de l’association le Collectif les Pieds dans le Plat, et une quarantaine de formateurs déjà actifs et 10 autres vont nous rejoindre. On sent que ça explose en termes de demandes. Nos parrain et marraine,  Olivier Roellinger et Brigitte Mercier Fichaux y sont pour beaucoup en mettant en avant une cuisine climato compatible, délicieuse, et parfaite pour la santé».  

 

Au quotidien, ils forment donc des agents de cuisine collective aux rudiments d’une cuisine anti-gaspi, empreinte des six piliers de l’agriculture biologique, et même au-delà puisqu’ils travaillent avec des races anciennes et des semences paysannes. « Les six piliers, c’est une évidence. Des Même pour le moins mais mieux de viande : mes amis de Dordogne, quand ils mettent un cochon au four, c’est la bête entière et tout est mangé sans exception ! ». La Dordogne est d’ailleurs en train de passer sous la houlette de son président Germinal Peiro, au 100% bio et fait maison pour ses 35 collèges, et cela s’étend aux communes. 

 

Évangélisant dans tout l’hexagone avec ses collègues, Isabelle est basée à Romainville (93), en Ile de France où l’histoire bio est en train de se faire selon elle : «nous commençons ce qui paraissait impossible dans une école primaire à Romainville, et dans un établissement public d’état, le Lycée Internat d’Excellence Jean Zay dans le 16è à Paris. A chaque fois, des rencontres, professeurs et chefs d’établissements impliqués, et tout suit. La seule réserve des décideurs porte sur les coûts, mais nous leur montrons qu’en changeant nos recettes, on tient sans mal : à Romainville nous sommes passés de 7,35 euros par repas à 6,38 en maîtrisant le coût matière et en jouant par exemple sur les grammages réduits en protéines animales. Chez nous, une bolognaise peut comporter 20g de bœuf par enfant et être complétée avec des protéines végétales, et c’est succulent !».  

Dès les premières semaines de fonctionnement de l’école de Romainville le gaspillage par enfant est passé de 95/120grammes à 35/45 grammes. 

 

La formation en diététique et en cuisine, l’accompagnement pour les achats et la maîtrise chiffrée du plan alimentaire 100% bio et fait maison prend une grande place dans l’essor de Nourrir l’Avenir. Le logiciel « À table » porté par le département de la Dordogne et le Collectif les Pieds dans le Plat, simule les besoins totaux des établissements pour trouver la bonne quantité de produits bio en circuits courts auprès des producteurs. Ces derniers apprécient évidemment une démarche qui leur redonne de la visibilité au point qu’un certain nombre d’entre eux sont prêt à changer leur mode de production et passer au 100% bio pour répondre aux besoins de la restauration collective saine et durable. En regardant en arrière, Isabelle doit penser à la maxime de Mark Twain, « des innocents ignoraient que la chose était impossible, alors ils l’ont fait » et se dire que cela ressemble bigrement à ce qu’elle fait chaque jour.    

Ariane Delmas, les marmites bio prennent leur envol

Après avoir travaillé chez Fauchon et dans le catering, Ariane Delmas s’est lancée en 2011 dans la restauration, en créant les Marmites Volantes. L’objectif : rendre l’alimentation durable la plus accessible possible. En bio, en circuit court, sans gaspillage… et avec succès ! 

C’est l’histoire de quatre trentenaires bien diplômés, qui décident de partir à l’aventure en montant un restaurant, dans le populaire XIXe arrondissement de Paris. Et pas un de ces restaurants de burgers à 20 euros, non ! Un restaurant à prix abordables où l’approvisionnement se ferait en circuit court, majoritairement bio, un vrai souci de son empreinte carbone (sans réfrigérateur ni micro-ondes), et un objectif de zéro-déchets. 

« Seule une de nous quatre avait une expérience en restauration, raconte Ariane Delmas. Mais nous voulions montrer qu’un autre monde était possible que ce que nous connaissions. Et donc, monter un restaurant autrement. » 

 

Prendre soin de ses ressources… et les développer 

 

Les quatre associés mettent sur le papier leurs engagements. Parmi ceux-ci, un engagement social (recrutement de personnes en sortie de parcours d’insertion priorité aux CDI, management « qui préserve les ressources humaines ») ; et un engagement environnemental : des produits bruts, bio, locaux et de saison, achetés en circuit court. « Pour nous, c’était une évidence, raconte la co-fondatrice. Cuisiner bio, c’est comme cuisiner en pleine conscience – dans le respect à la fois de la terre, de celles et ceux qui produisent la nourriture… et de celles et ceux qui la mangent ! » Le modèle économique ? Ce sera l’entreprise, classique. «Etre durable, c’est aussi trouver ses ressources propres, insiste Ariane. Créer de l’emploi était une autre de nos motivations ; et pour cela, il faut être rentable. » Pour assurer cette rentabilité, une activité de livraison est associée au restaurant, dès le début du projet. Trois ans plus tard, le pari est gagné. Et douze ans après la création, les Marmites sont plus chaudes que jamais.  

 

Démonstration par l’exemple 

 

L’entreprise emploie aujourd’hui 31 salariés, sur trois activités : le restaurant, la livraison (en vélos électriques) – et la restauration collective. Ariane Delmas, toujours aux manettes, est devenue également co-présidente du label Ecotable Écotable – pour une restauration écoresponsable (ecotable.fr) 

 

Car la bio est toujours au coeur des Marmites : au restaurant où il représente une moitié des produits ; pour la livraison qui se développe (une deuxième cuisine centrale est en projet) ; mais aussi dans la restauration collective et les cantines scolaires, avec 65 % de bio – et des ambitions assumées pour l’avenir, sans rien renier des engagements de départ.  

« Nous voulons montrer que la cantine peut être à la fois gourmande, durable et compétitive », résume Ariane Delmas, qui prône la démonstration par l’exemple. Les cantines sont livrées à vélo elles aussi, avec des gâteaux maison et du lait proposé à partager dans des verres, à l’ancienne au lieu des bricks individuels. Moins d’emballages, plus de bio (local), et plus de goût ! Une vraie leçon, aussi : « pour tordre le cou aux idées reçues selon lequel le bio serait trop cher, il faut réfléchir et inventer. Vouloir copier-coller les modes de consommation existants n’aurait pas de sens » Aujourd’hui, les Marmites volantes font manger 1 400 enfants dans 17 cantines privées – et l’entreprise compte bien aussi, à moyen terme, fournir des écoles publiques. Une gageure, pour une petite structure dans un marché de géants.  

Un pas a déjà été franchi en remportant un marché public à Aubervilliers, où l’entreprise régale en petits-déjeuners 6000 enfants des écoles de la commune. Avec même du 100 % bio pendant un mois !  

 

Mais au fait, d’où viennent les produits ? Pour la majeure partie, ils viennent en direct de cinq producteurs (maraîchage ou élevage) situés autour en Région parisienne ou non loin. Des producteurs que l’entreprise a parfois accompagné dans leur conversion vers le bio, et auxquelles les Marmites restent fidèle. Importants, les réflexes acquis après des années à travailler ensemble ! On peut être volante et aussi terre-à-terre : quand il n’y pas de carotte une semaine donnée, la cuisine s’adapte.  

 

Le secret de la Panna cotta aux épluchures de pommes bio 

 

Et puisqu’il est question de démonstration par l’exemple, faisons donc l’expérience.  

 

C’était il y a quelques mois, sur le Salon de l’Agriculture. Tandis qu’à midi l’Agence Bio présente les résultats de son Baromètre, Ariane Delmas s’est déplacée elle-même, avec une salariée, pour assurer le service. Quatre grands sacs sont arrivés par vélo-cargo, avec des marmites. Les assiettes sont faites sur place (carnées ou végétariennes selon la demande de chacun), on ramasse verres et plats qui repartiront dans les sacs avec les marmites. Mais le plus important : que mange-t-on ? En apéritif, des tortillas (œufs bio de Mayenne, pommes de terre de Seine-et-Marne), du « brocamole » (guacamole à base de brocolis) ; en plat principal, une assiette complète avec crudités bio venues de l’Oise, un mijoté lentilles-épinard (lentilles bio d’Ile-de-France) ou un curry d’agneau, pour soigner ses papilles et son empreinte carbone. Et en dessert, une pana cotta au délicieux coulis de pommes bio… dont on apprendra après coup qu’il était fait à base d’épluchures. Ne rien gâcher, non : c’est aussi ça, l’esprit bio. Et c’est encore meilleur.   

 

 

RESTAU’CO 2023

La 29e édition du salon Restau’co, salon de la restauration collective en gestion directe organisé par le réseau Restau’co se tiendra mercredi 21 juin 2023,  hall 5.1 du Parc des expositions de la Porte de Versailles.

L’Agence BIO sera présente au stand G6, afin de répondre à toutes les questions relatives à l’introduction des produits BIO en restauration collective et notamment sur la mise en oeuvre de la loi Egalim. 

Retrouvez l'intégralité du programme:

Téléchargez nos infographies :

CONFÉRENCE DE PRESSE ANNUELLE 2023

LES CHIFFRES PANOramIQUES DU BIO EN 2022

Le jeudi 1 juin 2023, l’Agence BIO a organisé sa conférence de presse annuelle :

“Présentation des chiffres panoramiques du BIO en 2022 ».

En partenariat avec Interbio Nouvelle-Aquitaine, il s’agissait de mettre en avant un territoire innovant et dynamique, que ce soit dans les initiatives alliant la BIO et le local, que dans la labellisation des collectivités les plus en pointe dans leurs engagements vis-à-vis des produits bio. 

C’est donc en direct d’un domaine viticole bio du Bordelais dans la région Nouvelle-Aquitaine, région française engagée dans le développement de la filière BIO et qui a mis en place un Pacte régional d’ambition pour l’agriculture biologique ; que l’Agence BIO a présenté les chiffres du bio en 2022.

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Le BIO c’est 90% du commerce équitable !

Aujourd’hui 90% du commerce équitable est BIO et les 8 labels qui le composent sont très proches du label BIO !


Les labels de commerce équitable sur le marché français

Le commerce nord nord et nord sud sont clefs pour financer des producteurs engagés la transition agroécologique. Retrouvez la quinzaine du commerce équitable du 13 au 28 mai 2023. 

” Initiée en 2001 par les membres de Commerce Équitable France, la Quinzaine du commerce équitable est une période clé du calendrier de la consommation responsable. C’est le temps fort annuel de sensibilisation au commerce équitable auprès des citoyens, des décideurs économique et politiques, des collectivités et des médias.

Durant quinze jours, entreprises, associations, collectivités territoriales et militants du commerce équitable organisent, soutiennent et relaient des centaines d’actions partout en France : promotions, débats, conférences, animations, projections de films, jeux, dégustations, mise à disposition d’espaces d’affichage, etc. pour mieux faire connaître le commerce équitable.

20 ans d’engagement en faveur du commerce équitable en faveur d’un monde plus juste, plus humain, et qui préserve l’environnement. En 20 ans, vous avez contribué à faire de cet événement un succès ! Notamment grâce aux événements organisés partout en France pendant la Quinzaine du commerce équitable, la notoriété du commerce équitable est passée de 7 % à 98 % ! “

Pas de transition inéquitable en bio.

A vos caddies !

Sandrine Faucou, porte haut ses valeurs

A 700 mètres d’altitude, au cœur de la Haute-Provence, Sandrine Faucou cultive avec passion un petit épeautre aujourd’hui reconnu en IGP. Mais aussi des pois chiches, des lentilles et du lavandin, qu’elle commercialise en circuit très court. Son credo : le bio gourmand !

Une famille d’agriculteurs, un père pionnier de l’agriculture biologique : Sandrine Faucou avait tout pour devenir agricultrice. Et pourtant ! Enfant, assure-t-elle, elle n’y pensait pas. « Je m’imaginais plutôt professeure d’italien. Mais après quelques années d’études littéraires, j’ai compris que je voulais travailler dans le monde rural. Il y avait tant à faire… » Elle reprend des études agricoles, se spécialise en agriculture biologique… Pour reprendre la ferme familiale ? Pas du tout : pendant 8 ans, elle arpente les Alpes du Sud et la Haute Provence comme conseillère agricole, lance des projets, monte et anime des groupes d’agriculteurs (en bio, ou à la mise en place de pratiques alternatives pour les cultures ou encore autour des soins alternatifs en élevage). Ce n’est qu’en 2009 que l’opportunité et le destin se croisent : « J’avais été motivé pour accompagner les projets et œuvrer à leur mise en route, j’avais envie d’un autre défi, et la ferme était là. Je ne m’étais jamais projetée en agricultrice, mais j’avais acquis une bonne vision du métier : en 6 mois, j’ai changé de vie. »

La voilà à la tête de 50 hectares, entre le Luberon et la montagne de Lure, pratiquant la rotation des cultures pour maintenir la qualité agronomique des sols. Sa production principale ? Le petit-épeautre– entre 15 et 25 tonnes par an qu’elle transforme elle-même, et commercialise en circuit court : magasins de producteurs et spécialisés, restaurants (dont certains étoilés) et cantines, ainsi que les boulangeries locales, qu’elle fournit en farines. Elle cultive et commercialise aussi des lentilles, des pois chiches, et du lavandin dont elle fait une huile essentielle.

Son plus grand plaisir ? « Mettre du coeur dans ce que je fais, et nourrir les gens avec les meilleurs produits possibles. » Susciter le plaisir chez les consommateurs, et le voir dans leurs yeux : c’est cela aussi, la joie des circuits courts. « Je vends mes produits localement, mais je me fournis aussi, en bio, dans les magasins de producteurs de la région. Et bien sûr, on achète aussi les produits des amis, en direct. » Jus d’abricot ou butternut, elle cherche du bio, mais surtout du bon. « Je suis pour le bio gourmand ! » insiste-t-elle.

Cet engagement pour la qualité l’a conduite à prendre la présidence de l’Organisme de Défense et de Gestion du petit-épeautre de Haute-Provence (reconnu depuis 2010 par une IGP), et à s’engager à l’INAO, à la Chambre d’Agriculture… et à l’Agence Bio, dont elle est administratrice. « Cela semble beaucoup, mais c’est un tout, dit-elle. Mes différentes expériences m’ont amenée à voir le bio sous toutes ses facettes, je participe aux projets collectifs. Je m’engage dans ce qui fait sens pour moi, c’est ensemble que nous construisons l’agriculture de demain. » Sans oublier la vie de famille – avec ses deux filles et un mari dans un autre domaine professionnel… « bien éloigné des tracteurs », ajoute-t-elle en riant.

Sandrine Faucou veille à l’équilibre entre tous ces engagements. « Être agricultrice, c’est prendre soin de la terre, de notre travail, des gens qu’on nourrit… Il faut aussi veiller à ne pas se malmener soi-même. » Surtout quand les conditions se font de plus en plus difficiles, avec l’évolution climatique. Car si petit-épeautre et lavandin se prêtent idéalement à la « culture sèche », sur des sols pauvres et sans irrigation, la sécheresse les fait souffrir. « Il n’y a eu une goutte d’eau pendant sept mois ! » constate Sandrine Faucou. Sa production de céréales a baissé de 40 % en 2022 – du jamais-vu.  « Quand on travaille la terre, il faut être humble, et philosophe pour composer avec les aléas », dit-elle. Il faut toutefois veiller à la viabilité agronomique et économique de l’entreprise : si la sécheresse devait persister, tout serait menacé. « On voit le champ des possibles se restreindre. Mon père, par exemple, faisait aussi des semences de légumineuses ; maintenant ce n’est plus possible. »

Pas simple, dans ces conditions, de faire des paris sur l’avenir. Sandrine Faucou poursuit néanmoins son chemin, sur ses terres et ailleurs, « pour porter ses valeurs », et œuvrer partout où elle le peut à la reconnaissance de la qualité et l’ancrage territorial des produits – comme dans le Sud-Ouest, récemment, où elle a contribué pour l’INAO à faire reconnaître le miel des Landes. « Je veux me donner le droit de continuer à rêver d’un monde meilleur », conclut-elle.

Et contribuer activement à le construire, avec sérieux et gourmandise.

Bruno Martel, le bio tranquille.

A la tête du Gaec de Guimbert, ferme familiale sise à Bains sur Oust (Île et Vilaine), Bruno Martel est passé au bio en 2000. Vingt-deux ans après, il s’éclate au quotidien et ne s’angoisse pas une seconde sur la transmission, puisque ses enfants sont eux aussi convertis aux vertus de la bio.

N’escomptez nulle « révélation » ou « rencontre inspirante » pour expliquer la conversion au bio de Bruno Martel. Simplement, une lecture rationnelle de ce qu’il observait : « je voyais bien que les contraintes environnementales allaient devenir de plus en plus fortes et qu’il fallait adapter notre modèle pour aller vers l’autonomie. Aujourd’hui, nous y sommes à 98% ». Et en effet, les 4 travailleurs de la ferme aux 120 vaches n’ont besoin que d’un peu de minéral, de sel, de luzerne et de quelques compléments alimentaires pour les jeunes animaux. Les aléas matériels le tracassent donc peu.

 

Bien sûr, l’aléa majeur concerne la météo et il s’y prépare très activement. « Nous devons réussir à adapter le système face au changement climatique. Pour notre ferme, il faut avoir l’humilité de se rappeler que, quelle que soit la taille de l’exploitation, quand la sécheresse est forte, rien ne pousse. Aussi, quand on a l’occasion de stocker de l’herbe, il faut changer nos habitudes et en stocker un maximum. Nous le faisons ». Autre ressource qui se tarie pour laquelle il s’organise : l’eau. « La disponibilité en eau pour les animaux devient complexe. Alors, nous allons mettre en place des systèmes pour mieux retraiter et réutiliser l’eau qu’on utilise à la ferme et nous doter de la capacité de stocker les eaux pluviales, qui serviront au nettoyage au nettoyage de nos matériels ». Et ce sans répondre à aucune injonction préfectorale…

 

L’instabilité économique, si prégnante pour nombre de producteurs, ne le taraude pas non plus. Adhérent de la coopérative AGRIAL -qui rassemble 300 laitiers- il trouve dans ce modèle économique une grande autonomie et des perspectives de ventes fortes : « en mutualisant nos outils, nous sommes plus efficients et avons une clientèle plus diversifiée avec des acteurs de l’industrie, du scolaire ou de la restauration qui nous donnent des perspectives sur l’année ».

 

Tout est tranquille, et tout est bio, donc chez Bruno Martel, pour qui la bio va au-delà d’un cahier des charges : « nos clients doivent comprendre qu’ils ahcètent plus qu’un produit alimentaire. Je dois être irréprochable sur la qualité de mon lait, de mes yaourts et fromages. Au-delà du gourmand, je sais qu’ils cherchent aussi une assurance, une force supplémentaire. Et je crois que dans l’écosystème, le producteur est sans doute la voix la plus impactante ».

 

Et s’il en parle aussi volontairement, c’est qu’il adore son quotidien de producteur bio : « moi, je m’éclate au quotidien, je travaille avec mes enfants qui reviennent à la ferme car notre façon de travailler leur parle. D’ailleurs c’est eux qui reprendront quand j’arrêterais. Pour tout ça, je peux me regarder dans la glace le matin. D’autant plus que je suis dans un village et la centaine de voisins que j’ai dans un rayon de 500 mètres viennent à la ferme, même avec les poussettes ! Ça, d’ailleurs, c’est ma grande fierté : la transmission. Nous accueillons des jeunes sur la ferme, des jeunes en stage et des jeunes qui nous relayent le week-end pour que nous ne soyons pas de garde tout le temps ! ». Week-ends et vacances qu’il peut s’autoriser, avec l’esprit serein du devoir accompli.

Loïc Guines, ferme bio et tête haute

Éleveur laitier en Bretagne, Loïc Guines n’est pas venu au bio par militantisme. C’est une démarche d’amélioration de la productivité qui l’a peu à peu amené au label… sans même l’avoir cherché. Avec un credo : ne jamais oublier de lever la tête pour regarder ce qui se passe ailleurs.

Quand on croise Loïc Guines, on est d’abord frappé par sa stature : grand et droit, la tête solidement ancrée sur les épaules.

Fils d’agriculteurs,  il s’est installé en 1989 sur une ferme à 3 kilomètres de celle de ses parents, à Saint-Marc-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine). Il a constitué avec eux un GAEC, que son frère a rejoint en 1997 en reprenant l’exploitation familiale. Avec tout le respect dû aux anciens, et l’envie de pratiquer l’agriculture autrement. 

« Nos parents se sont installés dans les années 60, précise-t-il. C’était après la guerre, le mot d’ordre était de produire, et la société entière (pas seulement l’agriculture!) vivait sur l’idée que la chimie de synthèse allait régler tous les problèmes. » Si vous cherchez un conflit de générations, passez votre chemin ! 

Les frères Guines, pourtant, vont s’atteler dès leur première année d’association à sortir du modèle intensif. Avec pragmatisme. « Tout est parti d’une volonté de baisser nos coûts de production, raconte-t-il. Avec la volonté d’adapter notre production à la qualité de nos terres, et une organisation du travail différente pour nous simplifier la vie »

Lui et son frère lèvent la tête pour observer ce qui se pratique ailleurs ; ils participent à des groupes d’échange animés par la Chambre d’Agriculture, et les premiers changements surviennent. Ce sont d’abord des cultures de blé et de maïs qu’ils décident d’arrêter sur les sols les plus secs, pour les transformer en prairies. Puis une réflexion sur le séquençage du travail, avec des vêlages groupés, un mode d’élevage simplifié pour le troupeau de renouvellement…

Après vingt ans de changements progressifs, tournant chaque année un peu plus le dos à l’élevage intensif, les deux frères se rendent compte qu’ils sont désormais proches du cahier des charges de l’agriculture biologique. Et ils décident de sauter le pas. « Mon frère y a pensé avant moi », admet l’aîné, modeste, qui poursuit, sourire en coin : « En général, une conversion en bio dure trois ans ; la nôtre aura pris 25 ans ! »

Les résultats sont éloquents : des animaux moins fragiles qui demandent moins de surveillance, des astreintes moins lourdes, et une plus grande efficacité économique : un véritable cercle vertueux. La ferme compte aujourd’hui une centaine de vaches, dont le lait se retrouve dans les produits de 300 laitiers bio. Et si Loïc Guines est devenu président de la Chambre d’agriculture d’Ile-et-Vilaine référent bio pour le réseau des chambres d’agriculture et président de l’Agence Bio, il voit toujours au-delà des labels et des étiquettes.

« Tout ce que nous avons réalisé pourrait aussi bien se faire en agriculture conventionnelle », insiste-t-il. Ou s’adapter à des fermes bien plus grandes : « Je peux vous citer des exploitations dix fois plus grandes en Nouvelle Zélande qui appliquent les mêmes principes ! » Lever la tête, toujours, pour faire bouger les choses : Loïc Guines ne s’en vante pas, il agit. Et n’oublie pas de faire profiter les autres de ce qu’il a pu apprendre en chemin. « J’aimerais que les vocations agricoles se multiplient », dit-il, avec une idée en tête : « Pourquoi ne pas lancer de grandes campagnes de communication, comme d’autres secteurs économiques ? La profession pourrait s’organiser en ce sens, sans forcément attendre le soutien de l’État. On devrait pouvoir tous se mettre ensemble pour faire valoir le sens de notre métier : produire sur un territoire, nourrir les gens… »

En attendant, il met ses convictions en pratique sur sa propre exploitation, anticipe déjà les défis de demain, avec le réchauffement climatiques, et prépare la suite. « Avec mon frère, nous adaptons toujours notre système pour valoriser la ferme, et faire vivre le label bio. Pour qu’un jour quelqu’un la reprenne… et puisse en vivre ». Transmettre, toujours. 

SIA 2023 : Les recettes 100% BIO du chef Thibaut Spiwack

Durant le Salon de l’agriculture 2023, sur le stand de l’Agence BIO, le chef Thibaut Spiwack, ambassadeur de la campagne BIO REFLEXE, a relevé le défi de vous présenter des recettes de saison, antigaspi et 100% BIO, autour de 3 ateliers culinaires chaque jour : 

ATELIER N°1 : CUISINER SIMPLE ET BIO POUR RÉGALER LES ENFANTS

ATELIER N°2 : CUISINER BIO À MOINS DE 10€ POUR TOUTE LA FAMILLE

ATELIER N°3 : CUISINER BIO, LES BONS RÉFLEXES POUR LA PLANETE

Voici en vidéo, 4 recettes qui ont cartonné durant la semaine ; vous pouvez également les retrouver sur nos réseaux sociaux :

 

quesadillas de merguez d'agneau

ATELIER N°1: CUISINEZ SIMPLE ET BIO POUR REGALER LES ENFANTS

Détails de la recette

Ingrédients 100% BIO

  • Tortillas de maïs  (ou blé)  10 pièces 
  • Merguez d’agneau 2 pièces 
  • Cheddar ( et/ou comté) 300g 
  • Concassée de tomate 1kg 
  • Champignon de Paris 
  • Oignon 3 pièces 
  • Ail 1 tête 
  • Maïs (boîte) 1 pièce
  • Sel/ Poivre PM
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Préparation

Farce

  • Ciseler les oignons et hacher l’ail.
  • Emincer les champignons.
  • Faire griller à l’huile les merguez d’agneau tailler en rondelle. 
  • Ajouter et faire suer les oignons et l’ail. 
  • Ajouter les champignons et faire tomber légèrement. 
  • Ajouter la concassée de tomate et faire réduire. 

Montage

  • Laisser refroidir la farce et ajouter le maïs. 
  • Farcir les tortillas et ajouter les morceaux de fromage.
  • Plier les tortillas et faire griller dans un poêle à l’huile.

cordon bleu roulé, sauce tartare

ATELIER N°1 : CUISINEZ SIMPLE ET BIO POUR REGALER LES ENFANTS

DÉTAILS DE LA RECETTE:

Ingrédients 100% BIO

  • Blanc de poulet 8 pièces
  • Jambon tranché (sans nitrite) 16 tranches 
  • Emmental tranché 16 tranches 
  • Farine 1 kg 
  • Oeuf 1 kg
  • Chapelure 1 kg
  • Sel fin / Poivre blanc moulu PM
  • Vinaigre 50g
  • Moutarde 150g 
  • Oeuf (jaune) 4 pièces 
  • Huile de tournesol 500g
  • Oignon blanc 2 pièces 
  • Cornichon 200g 
  • Câpres 200g 
  • Persil 1 botte

Préparation

Cordon Bleu

  • Inciser la volaille, et l’assaisonner.
  • Déposer les tranches de jambon et le fromage.
  • Rouler le cordon bleu à l’aide d’un film. alimentaire. 
  • Plonger le boudin dans une eau frémissante et laisser cuire. 
  • Une fois cuit, refroidir dans une eau glacée. 
  • Une fois refroidi, paner le boudin de volaille à l’anglaise. 
  • Frire le cordon bleu.

Sauce tartare

  • Ciseler les oignons* 
  • Hacher les cornichons, les câpres et le persil. 
  • Monter la mayonnais. 
  • Ajouter la garniture.

boeuf mariné crispy, yaourt citron cébette

ATELIER N°3 : CUISINEZ BIO, LES BONS REFLEXES POUR LA PLANETE

DÉTAILS DE LA RECETTe

Ingrédients 100% BIO

  • Boeuf (tendre de tranche) 2kg 
  • Sel / Poivre PM
  • Farine de maïs 200g 
  • Epices (au choix) 20g 
  • Sucre 250g
  • Vinaigre rouge ou Xérès 250g 
  • Jus d’orange 500g 
  • Cébette 1 botte
  • Yaourt 1kg 
  • Citron 3 pièces 
  • Cébette 2 pièces

Préparation

Boeuf mariné crispy

  • Tailler le boeuf très finement 
  • Rouler les morceaux de boeuf dans le mélange d’épices, sel, poivre et farine de maïs. 
  • Griller dans un poêle avec un fond d’huile. 
  • Réaliser une gastrique avec le sucre et le vinaigre. 
  • Un fois caramélisé, ajouter le jus d’orange et faire réduire. 
  • Ajouter le boeuf cripsy et le laquer avec le mélange. 
  • Ajouter la cébette préalablement ciselée.

Yaourt citron cébette

  • Raper les zestes de citron. 
  • Ciseler la cébette,
  • Réuliser tous les éléments

Gaufre et pâte à tartiner choco-noisette maison

ATELIER N°1 : CUISINEZ SIMPLE ET BIO POUR REGALER LES ENFANTS

DÉTAILS DE LA RECETTE :

Ingrédients 100% BIO

  • Farine 600g 
  • Lait entier 400g 
  • Bière 300g
  • Beurre fondu 100g 
  • Oeuf entier 6 pièces 
  • Levure chimique (baking powder) 35g 
  • Sucre semoule 230g 
  • Sef fin 3g 

Préparation

Gaufre

  • Réunir les éléments sec (farine, levure, sucre, sel). 
  • Ajouter les oeufs et le beurre fondu, puis mélanger délicatement. 
  • Ajouter les liquides (bière, lait).

Pâte à tartiner

  • Torréfier la poudre de noisette. 
  • Faire fondre le chocolat avec le beurre. 
  • Faire chauffer le lait et la crème. 
  • Rassembler tous les éléments dans un blender et mixer. 

Printemps Bio 2023

du 22 mai au 21 juin,
rencontrez les acteurs du bio près de chez vous

Le Printemps BIO, temps fort national est un événement pour informer et sensibiliser le public à l’agriculture biologique.

Une immersion dans cette agriculture de proximité, dont l’objectif est de faire comprendre pourquoi produire et consommer bio, local, de saison et équitable concourt à : préserver sa santé, protéger l’eau, la biodiversité et l’environnement, respecter le bien-être animal, valoriser les métiers et soutenir les emplois ancrés dans les territoires.

En effet, les agriculteurs et agricultrices bio, sont nos voisins préférés ! Dans toute la France, du 22 mai au 21 juin 2023, ils se mobiliseront pour informer et sensibiliser tous les publics.

Cette année encore, des centaines d’animations (fermes ouvertes, actions de sensibilisation, conférences, formations…) seront proposées par les acteurs du BIO. 

Rendez-vous sur l’agenda Printemps BIO | OpenAgenda pour retrouver tous les événements Printemps BIO 2023 et sur l’annuaire officiel du BIO www.annuaire.agencebio.org pour soutenir ces 26 000 fermes BIO qui vendent en direct ! »

APPEL À MOBILISATION

Agriculteurs, producteurs, transformateurs, distributeurs…participez à la 24ème édition du Printemps BIO !

L’événement national qui met en lumière l’agriculture biologique, son mode de production, de transformation et tous ses acteurs.

  • Fermes ouvertes
  • Ateliers pédagogiques
  • Dégustations et ateliers culinaires BIO
  • Animations, jeux et activités, jeux concours…
  • Conférences, formations…
  • Repas bio en restauration collective et commerciale
  • Actions de sensibilisation en milieu social, scolaire etc

TÉLÉCHARGEZ LE KIT DE COMMUNICATION OFFICIEL

Journées nationales de l'agriculture

Les 16, 17 et 18 juin 2023 les Journées Nationales de l’Agriculture reviennent pour une 3 ème édition. 

Lancées en 2021, sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, les Journées Nationales de l’Agriculture sont devenues le rendez-vous privilégié et incontournable d’échanges entre le public et les professionnels du secteur agricole. Montant en puissance depuis sa création, et avec le soutien de mécènes d’envergure et de nombreux partenaires, la manifestation a comptabilisé en 2022 plus de 1 200 événements et accueilli plus de 140 000 visiteurs sur l’ensemble du territoire national.

Le site des Journées Nationales de l’Agriculture est en ligne.

Désormais en ligne, les professionnels qui souhaitent participer peuvent inscrire leurs événements
sur le site journeesagriculture.fr. Actualités, programme, boîtes à outils, visuels et kits de
communication de cette 3e édition sont également consultables.

L’AGENCE BIO AU SALON DE L’AGRICULTURE 2023

RETROUVEZ L’AGENCE BIO LORS DE LA 59ème EDITION DU SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE.

Du 25 février au 05 Mars, l’Agence BIO sera présente au SIA 2023 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris. L’Agence BIO et ses partenaires donnent rendez-vous aux visiteurs sur son espace éco-design, situé à l’entrée du Pavillon 4 (stand B010).

Depuis un demi-siècle, le Salon International de l’Agriculture rassemble chaque année tous les acteurs du monde agricole. Le SIA est l’évènement agricole de référence, non seulement en France mais aussi à l’étranger.

La présence de l’Agence BIO sur le Salon de l’Agriculture, pour cette nouvelle édition 2023, a pour objectif principal de rappeler les fondamentaux du bio, il s’agira de les illustrer de manière visible, imagée et ludique.

La participation de l’Agence BIO se présentera comme un prolongement de la campagne #BIOREFLEXE, qui a été annoncée à l’occasion d’une conférence de presse en présence du ministre de l’Agriculture sur notre stand, lors de l’édition 2022.

Il s’agira également d’informer, de sensibiliser le plus grand nombre de visiteurs pour que le BIO devienne un ECOGESTE.

De ce fait, deux grands thèmes seront mis en avant cette année :

« Pour nous, pour la planète, ayons le #BIOREFLEXE » et « Comment consommer plus de BIO à budget égal, avec les 6 leviers de l’Agence BIO » !

Interactif et pédagogique, vous retrouverez donc sur le stand de nombreuses animations pour les petits et les grands :

  • Une chasse aux trésors #BIORÉFLEXE organisée en partenariat avec les membres de l’Équipe de France du BIO.

Le BUT DU JEU : 

Adèle La Coccinelle, te propose de l’aider à résoudre toutes les énigmes pour devenir un vrai héros du #bioréflexe !

Découvre sur le Salon de l’Agriculture les stands qui oeuvrent pour la bio et le #bioréflexe, trouve les indices et réponds aux énigmes sur ton livret que tu retrouveras en téléchargement ici :

Ta chasse aux trésors fera de toi un vrai héros du #bioréflexe !

Bonne chasse et bonne chance !

  • Des démonstrations de cuisine BIO tous les jours avec notre ambassadeur : le Chef étoilé et engagé Thibaut Spiwack.
  • Des quizz, des jeux et plein de cadeaux à gagner avec notre animateur Nicolas Patou
  • Un potager bio et une ferme bio interactive pour découvrir le mode de production biologique
  • Des bornes de jeux interactives pour tout savoir sur les différentes filières en Agriculture Biologique
  • Une borne tactile CARTOBIO, où professionnels et amateurs pourront découvrir les parcelles et productions en BIO autour de chez eux…

Et plein d’autres surprises… 

L’Agence BIO et ses partenaires vous attendent nombreux…

RETROUVEZ NOTRE PROGRAMME COMPLET :

L’AGENCE BIO AU SALON DE L’AGRICULTURE

 
9 JOURS D’ANIMATIONS, DE RENCONTRES ET DE CUISINE 100% BIO ET DÉLICIEUSE.