Appel À Projet Déploiement d’actions de promotion et d’information en faveur de l’agriculture biologique

Contexte

 Face à la crise structurelle et conjoncturelle rencontrée par le secteur de l’agriculture biologique, l’Etat renforce ses actions envers le secteur bio. Les actions précédemment menées sur la communication envers les produits biologiques, plus particulièrement la campagne Bioréflexe, ont été des leviers efficaces et pertinents pour faire connaître et valoriser les spécificités des produits issus de l’agriculture biologique. Les moyens alloués aux actions de communication sont donc renforcés en 2024.

En 2024, les pouvoirs publics ont ainsi affecté 8 M€ TTC (6,4 M€ HT) à des actions de promotion et d’information pilotées par l’Agence BIO, dont 5 M€ TTC dans le cadre de la Planification écologique. Il s’agit de donner de l’ampleur à la communication et notamment à la campagne de communication Bioréflexe conçue et déployée depuis 2022.

Cet appel à projet, permettra de mettre en œuvre une déclinaison territoriale de la campagne de communication et d’information Bioréflexe, afin de porter la voix et l’image du bio au niveau local et valoriser la bio dans les territoires : diffusion de messages informatifs en faveur de la production et de la transformation de produits biologiques par tous canaux et au travers d’outils adaptés aux réseaux et points de ventes en région comme des animations à la ferme ou en points de vente.

objectif

Afin d’informer et promouvoir les atouts de l’agriculture biologique et des produits biologiques, l’Agence BIO lance un Appel à Projet à destination des acteurs territoriaux représentant l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur en bio (production, transformation, vente).  Le présent appel à projet entend sélectionner des projets de coopération associant au moins 2 acteurs territoriaux afin de promouvoir et développer l’agriculture biologique. Les projets présentés doivent mettre en œuvre sur leur territoire des actions de communication et de promotion de l’agriculture biologique sur la période de mai (Printemps BIO) à fin novembre sous la bannière de la campagne nationale #bioreflexe. Les projets proposés devront s’inscrire dans la stratégie d’information nationale déployée par l’Agence BIO selon trois axes, en expliquant ce qu’est le bio, pourquoi c’est bon et comment il est possible d’en manger plus quel que soit son budget.

Les projets présentés veilleront également à la cohérence avec les plans d’action bio régionaux lorsqu’ils existent.

Les projets sélectionnés bénéficieront d’une subvention globale de 50 000€ TTC maximum par région administrative en métropole avec un seul porteur de projet par subvention.

Les projets sélectionnés bénéficieront d’une subvention globale de 12 500€ TTC maximum par département d’Outre-Mer avec un seul porteur de projet par subvention.

Date limite dépôt de dossier – période d’éligibilité 

Le présent Appel à Projet est ouvert jusqu’au 25 avril 2024  – 14 heures

Les dossiers de candidatures doivent contenir obligatoirement :

  • 1 exemplaire relié envoyé par la poste ;
  • 1 copie électronique du dossier complet envoyée par mail.

Date retenue pour la réception des dossiers : date d’envoi postal (le cachet de la poste faisant foi) ou date de réception par mail.[email protected]

GIP Agence BIO – Fonds Avenir Bio12 rue Henri Rol-Tanguy,93100 Montreuil

Régimes d’aide, structures et actions éligibles

  • Le régime d’aide éligible est :

Le régime SA.108057 Aides à la coopération dans le secteur agricole pour la période 2023-2029, qui vise à soutenir l’émergence et le développement de coopérations bénéficiant au secteur agricole afin notamment de développer de nouveaux marchés plus rémunérateurs ou de maintenir des marchés existants.

Les aides sont accordées en vue d’encourager la coopération d’au moins deux candidats acteurs opérant ou non dans le secteur agricole, dont l’objet est la promotion et le développement de l’agriculture biologique.

Il est requis qu’il y ait un seul porteur de projet sur les candidats bénéficiaires.

Les structures éligibles bénéficiaires de l’aide sont :

  • Les associations à caractère interprofessionnel Bio (Interbios) régionales
  • Les associations d’agriculture biologique régionales

Les structures qui détiennent la majorité des droits de vote de l’organe d’administration ou de direction d’une structure candidate à cet appel à projet ne sont pas éligibles à cet appel à projet.

Sont exclues de ce régime d’aide les entreprises en difficulté au sens du point (33) des lignes directrices de la Commission européennes concernant les aides d’Etat dans les secteurs agricoles et forestier et dans les zones rurales. Les aides ne seront pas non plus octroyées aux entreprises qui ont des aides déclarées incompatibles avec le marché intérieur à rembourser.

  • Actions et dépenses éligibles :

Les aides couvrent les coûts admissibles suivants :

– coûts des activités de promotion et de développement de l’agriculture biologique comprenant les frais de fonctionnement, les coûts des prestataires de communication, les activités de foires et salons. (Intensité de l’aide : 100%).

Sont ainsi éligibles les actions visant à :

– développer des outils et des activités d’information et de promotion, l’achat d’espace dans la presse, en radio ou pour de l’affichage

– l’organisation de salons, foires ou manifestations et les actions d’animation à visée pédagogique et destinées à promouvoir et informer sur les produits agricoles ou alimentaires issus de l’agriculture biologique, la consommation bio à domicile, en restauration collective, commerciale

– le financement d’actions d’influence,

– les frais de fonctionnement liés à la mise en œuvre de ces actions, dans la limite de 10% du montant total de la subvention.

Les supports proposés devront respecter la charte Bioréflexe, réutiliser le slogan développé ainsi que le bloc marque. (Charte graphique sur le site de l’Agence BIO)

  • Les actions doivent reprendre et valoriser la campagne nationale Bioréflexe développée par l’Agence BIO avec une reprise de l’accroche et/ou une personnalisation régionale de celle-ci : « Pour nous, pour la planète, pour nos producteurs locaux » et / ou avec une personnalisation « Pour nos producteurs de région X ».
  • Les actions doivent être cohérentes avec les plans d’actions de communication régionaux lorsqu’ils sont mis en place.

Les actions éligibles sont celles qui sont déployées entre le 1er mai et le 30 novembre 2024

Ne sont pas éligibles :

  • Les actions destinées à des pays tiers.
  • Les actions se référant à une marque commerciale.

Eligibilité

Cet Appel à Projet vise les régions françaises, à raison d’un seul projet sélectionné par région et par département d’outre-mer français.

Contenu du dossier de candidature

Les pièces suivantes sont à fournir impérativement pour qu’un dossier soit réputé complet :

–     Fiche synthèse du projet (1 à 2 pages maximum : contexte, objectif, cibles, actions proposées/dispositif avec résultats attendus/chiffrés – dates/période de mise en œuvre du dispositif /actions)

  • Fiche porteur de projet, signée par son représentant légal
  • Présentation du projet : projet d’actions et de visuels / Tableau des dépenses prévisionnelles du projet sur la base de devis
  • Les statuts de l’association
  • Le dernier rapport d’activité
  • Le budget prévisionnel annuel de l’exercice courant
  • Les comptes annuels de l’exercice précédent
  • Le RIB du porteur de projet

Processus de sélection

Les dossiers complets reçus seront instruits dans le cadre d’un comité restreint incluant l’Agence BIO , le ministère en charge de l’agriculture et de le ministère en charge de l’environnement. Le comité de sélection pourra solliciter une audition des porteurs de projets.

L’Agence BIO pourra demander des pièces complémentaires au porteurs.

La date prévisionnelle de ce comité de sélection est prévue à partir du 26 avril 2024, après la clôture de l’appel à projet.

Modalités de versement de l’aide

Si le projet est éligible, les aides sont versées sur la base d’une convention établie entre l’Agence BIO et les structures ayant présenté un projet conforme aux objectifs globaux du présent Appel à Projet. L’aide octroyée par région et par bénéficiaire est de 50k€ TTC maximum en métropole et de 12 500 euros TTC maximum pour les départements d’outre-mer.

Cette convention décrit le projet et précise le montant de l’aide allouée au porteur de projet ainsi que les conditions dans lesquelles l’aide est octroyée.

Une avance de 50 % maximum peut être versée dès la signature de la convention et le solde sur demande de paiement accompagnée de justificatifs attestant de la bonne réalisation du projet : factures et bilan d’activité et financier fournis au plus tard le 31 décembre 2024.

Modalité d’actions :

Le financement se fera sur la base d’un programme d’actions détaillé, incluant notamment :

  • Organisation de manifestation, foire, salon : location d’espaces, prestations externes, achat de produits en vue de démonstration, présentation du dispositif envisagé
  • Promotion via divers canaux de communication (presse quotidienne régionale, radio, affichage)
  • Création et de diffusion de supports
  • Animations visant la promotion de l’agriculture biologique
  • Actions influences
  • Frais de fonctionnement afférents à ces activités

Critères de sélection

Les dossiers de candidatures seront appréciés au regard des critères suivants :

  • La capacité à promouvoir le bio en tant que mode de production et mode de consommation, de façon transversale
  • Le savoir-faire en matière de mobilisation des acteurs du bio autour des actions de communication, d’animation, de visibilité, de pédagogie
  • La clarté et précision des actions et des déclinaisons opérationnelles prévues

Cohérence stratégique de la candidature

  • Clarté des objectifs recherchés au niveau territorial, mise en valeur des spécificités du bio territorial
  • Cohérence avec la campagne nationale Bioréflexe
  • Cohérence avec les campagnes de communication régionales, lorsqu’elles existent.

Qualité de la proposition

  • Clarté des messages proposés et des modalités selon lesquelles sont mis en avant les spécificités et/ou les avantages de l’agriculture biologique et de ses produits
  • Nombre de manifestations et d’outils mis en place ou distribués
  • Moyens techniques, humains et financiers mobilisés pour la mise en œuvre des actions prévues

Impact

  • Évaluation des impacts attendus
  • Effectifs touchés
  • Périmètre géographique concerné (% des départements de la région)
  • Moyens prévus pour assurer le reporting de la campagne et son efficacité

L’appréciation de chacun des critères s’effectuera sur la base des éléments de réponse apportés dans le dossier de candidature.

Annonce des résultats : 3 mai 2024 – à partir de 15 heures.

Loïc Madeline, produire comme on mange, manger comme on produit

Loïc Madeline, c’est un physique de rocker et une activité intense de représentation politique du bio. Ingénieur qui s’éloigne de la ferme familiale pour mieux revenir à la terre à 35 ans, il passera l’exploitation en bio. 7 ans plus tard, interpellé par le fonctionnement de la PAC, il s’engagera pour porter la parole bio.

Il était une ferme de 84 hectares, dans le bocage normand. Une ferme classique de production laitière, dans la tradition française de la deuxième moitié du XXe siècle, entre concentration et spécialisation. Cette ferme, le fils de la famille ne se voyait pas reprendre en l’état. Il se passionnait surtout pour ses études… et pour le jardin de la maison familiale, où poussaient légumes et pommes de terre.

« Mon père produisait 400 tonnes de lait sur 80 hectares dans un système de production très simplifié, raconte Loïc Madeline. Mais dans son jardin, il produisait aussi chaque de quoi nourrir la famille, sans pesticides ni intrants, avec une incroyable productivité ! »

Cultivant son propre jardin intellectuel, le jeune homme se lance d’abord dans des études d’ingénieur agronome. Il travaille dans la R&D – puis, en 2011, vient l’opportunité de reprendre la ferme… en y changeant tout. Le credo de Loïc Madeline, c’est le bio et la polyculture, pour associer les cultures vivrières à l’élevage. « Il faut produire comme on mange…et manger comme on produit le plus possible », dit-il.

Une ferme comme un grand jardin

Ses parents ayant bénéficié d’aides européennes à la réduction de production laitière, Loïc choisit de repartir de zéro. Il achète quelques génisses et quelques vaches allaitantes, et réorganise en bio toute la ferme – en s’ingéniant à trouver les associations les plus productives, et à inventer des solutions nouvelles.

Une grande décennie plus tard, le résultat est là. L’éleveur possède « un petit troupeau de vaches charolaises » nourries à l’herbe. Certaines sont élevées pour leur lait, d’autre pour la viande. Elles sont aussi élevées pour devenir des mères qui feront des veaux qui seront vendus adultes pour la boucherie… elles produisent du lait pour allaiter les veaux jusqu’à leur sevrage naturel vers 8-9mois. Il n’y a donc pas de production laitière à destination humaine dans ce type d’élevage. Elles participent aussi activement à la vie de l’exploitation, en « partenaires de la production végétale ». Car Loïc Madeline est resté fidèle à sa vision initiale, lui qui prône qu’une ferme « doit produire un maximum de matières premières directement comestibles » et voulait que la sienne « ressemble à un grand jardin ». l’alimentation animale est constituée de 100% d’herbe. L’ensemble compte aujourd’hui près de  30 hectares de cultures (blé, orge, avoine, pois, pommes de terre..).  destinées à l’alimentation humaine : l’avoine se retrouve à la table du petit-déjeuner, l’orge sert à fabriquer de la bière ; depuis trois ans, les pommes de terre viennent compléter l’ensemble et se retrouve au menu de Benoit, le chef du bistrot voisin Le Caillou.

Autonomie et maîtrise des cycles

Cette diversification, comme le développement de la nourriture animale, se fait dans une optique claire : celle de l’autonomie alimentaire. « La période Covid nous a ouvert les yeux sur le fait que les fermes spécialisées étaient extrêmement dépendantes de chaînes d’approvisionnement non maitrisables », explique Loïc Madeline, qui travaille à mi-temps pour l’Institut de l’élevage jusqu’en 2018. Il y travaille sur les questions d’équilibre sol/troupeau, de diversité de l’assolement, de mélange céréales/protéagineux, de précocité de mise à l’herbe, et d’échanges entre exploitations. Autant de préconisations que Loïc Madeline met en pratique sur son exploitation. « J’aime l’agriculture circulaire : maîtriser des cycles complets entre les animaux et les végétaux ».

Avec toujours le souci de la transmissibilité.

Celle des savoirs, avec son engagement récent à la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) où il défend une autre PAC.

Et celle de la ferme, plus tard. « Je suis certain qu’une ferme diversifiée trouve plus facilement repreneur », assure-t-il. Mais d’ici là, de nombreuses saisons auront passé dans son grand jardin normand.

 

 

Vanessa Kryceve, évidemment bio

Fondatrice de l’association et de l’entreprise d’insertion (abritant un restaurant et un service de traiteur) le Recho, Vanessa Kryceve entreprend en suivant une seule boussole : la décence commune. Et à cette aune, il n’y a pas d’autre choix que le bio dans les assiettes.

Si Vanessa Kryceve était un signe de ponctuation, elle serait un trait d’union. Entre les cultures, les classes sociales, les milieux privés, associatif, public… quand tout divise, elle relie. Elle ne le fait pas par enchantement, mais par quête permanente de la mise en commun. Si elle était un préfixe, ça serait « co ». Co créer, co cuisiner, cohabiter…

 Elle même vit plusieurs vies en une seule. Passionnée de théâtre et de cuisine depuis l’enfance, elle ne choisit pas et mène deux carrières. Pour les études, c’est le Conservatoire de Versailles, puis 15 ans de pièces le soir, après des premières incursions en pâtisseries aux côtés de Pierre Hermé et chez Ladurée. La littéraire se forme au journalisme culinaire avec Julie Andrieu et rencontre Guy Savoy qui parachève sa mue en consultante culinaire. « J’ai mené les deux de front, parfois seulement sur scène, parfois seulement en cuisine avec beaucoup de déclinaisons, cheffe à domicile, team building culinaire.. ». Sa cuisine, elle l’affine en écoutant les problématiques des producteurs qui voient les effets du dérèglement climatique « j’ai toujours eu une cuisine très engagée sur le végétal et mes échanges avec des producteurs ont conforté ce choix. En me rendant au marché, je voyais Marco (Marc Mascetti) le maraîcher de Marcoussis qui me parlait des problèmes de pénurie d’eau, de réchauffement et de la manière dont il adaptait sa production. Ça m’a conforté dans l’évidence de cuisiner non seulement végétal et local, mais bio, sinon ça n’a pas de sens ».  

 La grande histoire rattrape Vanessa et lui renvoie sa propre histoire familiale violemment. Suite à la guerre en Syrie, en 2016, l’Europe se ferme et les exilés sont ostracisés. Elle aperçoit un couple réduit à faire la manche pour manger après qu’on leur a servi de la soupe de porc. L’inhumanité de cet accueil lui dicte sa nouvelle activité, comme une mission : cuisiner pour dédramatiser la rencontre. Alors qu’elle cherche le lieu idoine, elle se retrouve sur le camp de Grande Synthe, dans les Hauts de France. Là, elle est foudroyée par le triste hoquet de l’histoire : « mon père est arrivé en France à 3 ans, en 1945. Avant, il était dans un camp à Francfort, j’ai été transpercé par le certitude que l’histoire se répétait ». Nombre de personnes auraient été interdits, inhibés par ce poids de l’histoire. Vanessa, au contraire, semble vivre selon cette réflexion de Dostoïevski nous sommes tous coupables de tout et de tous devant tous, et moi plus que les autres“. Alors, avec des amies, elles s’installent sur le camp pour restaurer – dans tous les sens-  l’humain. Grâce aux 50 000 euros collectés, elles achètent un food truck et cuisinent 500 repas par jour et animent des ateliers. Les citoyens s’engagent également. Après avoir agi, elle réalise qu’elle ne s’est pas formée à l’entreprenariat et est incubée pendant un an chez Anthropia, à l’ESSEC.

En 2018, elle monte le grand Récho à Arras avec un restaurant éphémère pour faire cuisiner ensemble accueillants et accueillis en compagnie de nombreuses grandes toques qui se joignent à la cause (Troisgros, Rollinger, Manon Fleury, Alessandra Montagne…) pour fournir 300 repas par jour et envoyer le message « les accueillis vous nourrissent ».

 Le nomadisme culinaire s’arrête grâce à l’association Aurore qui leur propose de se sédentariser dans une ancienne caserne du 16e arrondissement de Paris. Coup de cœur immédiat «  ce lieu, c’est ce que je veux, faire la rencontre des publics et forcer la déconstruction des stéréotypes des uns sur les autres. Avec Alix Gerbet, mon associée issue de la gastronomie nous avons voulu ancrer ce restaurant dans le beau, sortir l’ESS d’une vision bas de gamme ». Au-delà de la dimension sociale très forte du projet, le Recho (pour refuge, chaleur, optimisme) propose une cuisine bio très militante :  «  j’ai voulu qu’on soit labellisé bio, labellisé Ecotable et j’ai embarqué toute l’équipe là-dedans. Nous avons entre 70 et 80% de produits bio dans nos assiettes et c’est une vraie fierté. C’est essentiel d’avoir des marqueurs sanitaires forts. De me dire que je ne pollue pas les nappes phréatiques, la santé, que je maximise mon impact avec peu de pétrole et de gaz russe, c’est beau. Je ne comprends pas que les autres restaurateurs soient si peu sensibles à cela. Quand je demande un verre de vin bio et qu’on me répond qu’il n’y en a pas, je demande un verre d’eau. Je manque de patience quand on m’oppose : c’est pas bio, mais c’est local. Le local pas bio, plein de pesticides de synthèse, c’est un non-sens, une impasse ! ». Lancé en format associatif, le Recho s’est dédoublé de l’entreprise d’insertion la Table du Récho, en 2020, qui rassemble une vingtaine de salariés, dont 8 en insertion pour assurer un service de traiteur et une table avec 30 couverts l’hiver et 50 l’été, au sein d’un centre culturel, le BAL. Encore et toujours, relier, dans agriculture, le « culture » n’est pas un artifice.

Comment voit-elle demain, alors que certains se complaisent à prononcer l’oraison funèbre du bio ? «  On développe un projet de cantines pour accompagner des agriculteurs vers leur conversion en bio et leur assurer leurs revenus. On peut le faire et on le doit. Quand on me dit que les gens n’aiment plus le bio je réponds qu’il faut encourager et contraindre davantage si on veut que cela accélère car on le doit pour nous et pour les autres ».

 

 

Olivier Nasles, le cerbère du label bio.

Président du Comité National de l’Agriculture Biologique, sorte de parlement du Bio à l’INAO Institut National de l’Origine et de la Qualité, Olivier Nasles a un rôle à part dans l’écosystème bio. Un pied dans les institutions, un pied dans les vignes et les oliviers, il est le cerbère du label bio.

La réputation d’Olivier Nasles excède très largement son exploitation d’Eguilles, dans les Bouches du Rhône. Des bureaux à Aix en Provence et à Montpellier pour son activité d’œnologue conseil, il accompagne avec ses collaborateurs près de 300 caves coopératives et particulières dans le sud de la France. Aussi, en 2010, alors que sa mère est toujours à la tête de l’exploitation familiale Olivier Nasles ne cherche pas à la convaincre d’aller vers le bio pour se faire connaître, pas plus pour répondre à un vertige métaphysique, mais par certitude économique : « évidemment que le bio est meilleur pour la santé, celle de la planète comme celle des être humains, il n’y a pas de débat là-dessus. Mais mon engagement dans le bio ne part pas de là. Il y a des discours philosophiques sur l’harmonie existant à travailler en bio, mais au final si on se fait plaisir et que notre activité économique n’est pas rentable, c’est la pire des choses. Nous devons créer de la valeur ajoutée en nous convertissant au bio.». Lui-même donc entame sa conversion et, en 2014, les premières récoltes de ses 23 hectares de vigne et 20 hectares d’oliviers sont commercialisées, le succès commercial est au rendez-vous.

Si l’homme est débonnaire, il est capable d’emportements méditerranéens quand on évoque les stéréotypes qui circulent dans le débat public à propos du bio. À l’accusation de « marché de niche élitiste », il tempête : « mais c’est une hérésie ! Factuellement, les mêmes produits coûtent 20 à 30% plus chers à produire en bio qu’en conventionnel, certes, mais ça n’est pas l’essence de la consommation bio. Manger bio, c’est manger différemment, cuisiner plus et gaspiller moins. Quand on le fait le bilan des différences de coûts globaux, ils sont marginaux. En outre, et pardon si ça n’est pas politiquement correct de le dire, mais les différences de coûts dont on parle sont anecdotiques ramenés à l’échelle des dépenses de la consommation globale d’un ménage. Peut-être y a-t-il d’autres arbitrages à faire que ceux faits au détriment de l’alimentation ».

Osons remettre une pièce dans la machine pour le questionner sur les faire-parts de décès du bio qui ont fleuri dans la presse l’an dernier, instillant l’idée que tout cela n’était « qu’une bulle » : « Mais est-ce qu’on peut prendre un peu de recul, bon sang ! Regardons d’où nous venons, il y a à peine quinze ans le bio ne pesait rien. 2023, ce n’est pas une crise structurelle, c’est une crise de croissance. En 2018, quand on manquait de lait et d’œufs Bio, tout le monde s’est mis à en produire et l’offre a dépassé la demande. Aujourd’hui, les ventes se tassent, mais elles restent infiniment supérieures à celle de 2018 ! La même chose va survenir dans le vin, où près d’un million d’hectolitres supplémentaires de vins Bio vont arriver sur le marché d’ici deux ans, soit une augmentation de la production de plus de 20%. Il faudra un certain temps pour les absorber, cela ne signifie pas qu’il y aura « une crise ». Mais alors, Olivier, si c’est une crise de croissance, ça va repartir ?  « Évidemment ! Mais à un autre rythme : nous n’aurons plus de croissance à deux chiffres mais plutôt 5 à 6% par an ce qui est déjà énorme en volume. De toutes façons, nous n’avons pas le choix : les jeunes agriculteurs veulent massivement s’installer en bio, nous devons stimuler la demande et mettre les consommateurs face à leurs incohérences. Personne ne veut plus de pesticides dans son assiette, personne ! À nous d’appuyer là-dessus et leur faire comprendre qu’ils doivent payer le juste prix ».

On l’entend, derrière un paravent économique, Olivier défend le label bio, une manière de produire.

Aux margoulins qui s’immiscent dans les ambiguïtés pour défendre des vins natures plutôt que bio, il répond sèchement : « Cela n’a rien à voir. La Certification en Agriculture Biologique est le résultat de l’application d’un Règlement Européen valable dans les 27 pays de l’Union dont le respect est contrôlé par des organismes certificateurs indépendants, une véritable garantie pour le consommateur. Cela veut dire zéro herbicide, pas de pesticide ni d’engrais synthétique, et un nombre réduit d’additifs dans la bouteille.

Un vin nature, c’est un vin auquel on n’a rien ajouté au moment de la vinification mais seul le label bio garantit qu’il n’y a pas eu de chimie synthétique dans le vignoble. Celui qui est en bio et veut faire du vin nature en plus, très bien, mais celui qui fait du nature et refuse de se convertir en bio car c’est trop de boulot et trop de contrôle, je lui dis que s’il sait comment il fait son vin il n’a rien à craindre du contrôle.  

Quand un producteur refuse de se soumettre aux contrôles, c’est qu’il y a  « hippopotame sous nénuphar ». La crédibilité du bio repose sur ces contrôles indépendants qui attribuent la certification, sous la supervision de l’INAO désignée autorité compétente ».

Président du Comité National d’Agriculture Biologique, qui permet à l’INAO de d’expliciter la lecture du Règlement Européen et d’harmoniser les contrôles pour garantir une « unicité » du label bio, Olivier est un peu le président du parlement bio. L’occasion de rappeler que la loi, qui donne au label bio le statut de « diplôme d’état » d’agriculture écologique est au cœur de la promesse du bio et sa première richesse.

Philippe Lassalle Saint-Jean, la vie plus bio que bio

Directeur général de Maison Meneau, leader des sirops bio, Philippe Lassalle Saint-Jean aime les contraintes et les règlements… pour mieux les dépasser ! Depuis deux ans, il est également engagé au sein de l’Agence Bio pour faire discuter tous les acteurs de l’alimentation et les amener à augmenter leur consommation bio.

La Maison Meneau est une institution depuis près de 150 ans (elle a été fondée en 1879) et passée au bio au mitan des années 1990, mais l’esprit de sobriété et de responsabilité prévalait depuis bien avant « papa était un économe écolo qui faisait de l’écologie par bon sens et parce que la guerre lui avait appris à faire attention à tout ». A la mort subite de ce dernier dans un accident de voiture en 1984, Philippe Lassalle Saint Jean se retrouve à 21 ans seulement à la tête de l’entreprise en binôme avec son frère Vincent. Respectant l’équilibre familial de qualité des matières premières, bénéficiant d’une image de marque de grande vertu, ils prolongent l’histoire de la marque sans y toucher, mais sans prendre réellement de plaisir, pendant dix ans.  

La révélation lui viendra en discutant avec une de ses sœurs qui se fournit en produits bio dans une AMAP. « Elle m’a dit d’aller voir notre voisin girondin, le directeur du distributeur bio Pronadis. Il m’explique que personne ne fait de sirop bio alors je me suis lancé avec exaltation ! ». En échangeant avec Ecocert sur le cahier des charges, Philippe reprend l’intégralité de sa production pour y détecter ce qui pose problème. Alors, il y a encore du sucre blanchi à la chaux et des intrants de synthèse sur certaines parcelles.

Là où les obligations règlementaires sont vues comme des contraintes par d’autres, Philippe y voit instantanément un gage d’amélioration continue : « la transparence totale qui gêne des gens, moi elle me va bien. Ça prouve que je n’utilise pas de pesticides de synthèse. C’est comme pour la conduite : je peux raconter que je sais conduire, mais vient un moment où il faut passer le permis ! En plus ça me pousse à trouver des matières premières irréprochables et à justifier leur prix ». Quand il  déniche du sucre bio chez un petit producteur du Paraguay, plus onéreux que le précédent, il rajoute à la filière la mention « équitable » pour signifier que c’est le prix idoine, celui qui fait vivre les travailleurs. Un prix jugé trop cher par les clients historiques… mais pas pour Biocoop qui référence Maison Meneau permettant de faire tâche d’huile et de croître aussi vite que le marché du bio.

La carte s’est étoffée en plus de vingt ans avec d’autres boissons (sirops, limonades, infusions…) 100% bio, équitables, et vendues en contenus réutilisables. Partir de l’exigence du label AB pour mieux aller au-delà, voilà le mantra de Philippe comme il l’explique à propos de la dernière-née de l’entreprise : « on a lancé une infusion pétillante pomme et lavande, produites à moins de 150 km et transformées avec l’énergie d’une centrale photovoltaïque. C’est évidemment un engagement pour la décarbonation dans le but de préservation de notre planète. Non seulement on favorise le recours aux renouvelables, mais aussi un raisonnement économique à  long terme : dans dix ans, quand on aura remboursé le prêt, cette énergie nous reviendra beaucoup moins chère que les fossiles. Cette équation permet de maintenir la bio à un prix abordable et de renforcer la pérennité de la Maison Meneau ».

Un engagement au temps très long et à la croissance très raisonnée qu’il applique à la diversification de son activité dans la restauration. Après s’être investi à la CCI et autres instances économiques du territoire pour verdir le bordelais, il s’associe avec Philippe Barre et créent l’espace Darwin, dans lequel ils installent plusieurs restaurants bio. Le premier d’entre eux, Le Magasin Général propose du 100% bio à manger jusqu’à l’iconique Darwin beer mise en bouteille chez Meneau. Au-delà de la carte, on retrouve une démarche responsable globale avec tous les déchets alimentaires récupérés par les Détritivores pour devenir du compost. Du zèle ? « Nous allons au-delà du contrat par cohérence. Quand on décortique la production pour tout vérifier, on cherche à être réellement responsable partout ». Une irréprochabilité qui n’a pas échappé à l’Élysée qui fait partie des clients de la Maison aux 40 salariés pour 6 millions de bouteilles vendues chaque année.

Quand on l’interroge sur le très médiocre 1% de produits bio vendus en restauration commerciale, Philippe ne se compare pas en disant que tout le monde peut faire mieux mais se retourne vers le législateur : « la majorité des restaurateurs n’ont pas de vue à long terme et s’arrêtent à la notion de prix. Nous, à Darwin, on va voir les producteurs en direct, ça fait une politique de référencement plus lourde. En outre, il faut accepter les aléas avec des annulations possibles sur les commandes. Nous sommes militants et je sais que tout le monde ne peut pas l’être. Aussi, pour diffuser massivement le bio je crois qu’il n’y a que l’incitation qui fonctionne. Si je reprends l’image du permis de conduire, de moi-même je n’aurais pas limité la vitesse ou ne me serai pas mis à rouler à jeun. Mais j’ai compris que nous partagions la route avec d’autres et que mes pratiques n’étaient pas possible ». Preuve de la véracité de ces propos, la part du bio dans la restauration collective progresse très vite avec l’injonction du législateur, quand la restauration commerciale, non soumise à des quotas de bio, stagne voire régresse… De quoi être sombre pour l’avenir ? « Clairement pas ! Nous arrivons sur la fin de l’érosion : les volumes repartent et nous avons récupéré les clients historiques et allons repartir de l’avant. C’est pour cela que je me suis engagé depuis deux à  l’Agence Bio. Je suis là pour promouvoir la discussion entre tous les acteurs de l’alimentaire et pour pouvoir se faire entendre au milieu de la crise. Pour autant,  dans ce genre d’exercice, on n’est jamais rien sans les autres à nos côtés, clients, banques engagées, famille, la filière bio, Seules l’éducation et la communication nous sortiront de là à condition de les embrasser de façon collective ».

 

Jean Verdier, nouveau président de l’Agence BIO

Membre du SYNABIO, Syndicat National des Entreprises Agroalimentaire Bio, Jean VERDIER a été élu Président de l’Agence BIO, le 19 février 2024, pour deux ans par les membres du conseil d’administration de l’Agence BIO : représentants des pouvoirs publics (Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire et Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires) et des professionnels (Chambres d’agriculture France, FNAB, FCD, Interbio, la Coopération agricole, SYNABIO et SYNADIS Bio). Il succède à Loïc GUINES.


Ingénieur agronome, Jean Verdier débute sa carrière de transformateur bio chez le spécialiste de l’alimentation
bio en France, Vitagermine. Il fonde Naturgie en 1984  avant de reprendre Favols en 2005, structures au sein
desquelles il a à cœur de sublimer le meilleur des fruits avec des confitures bio 100% fruits, des compotes, et
des chutneys sucrés-salés. Transformateur bio, Jean Verdier est également producteur de luzerne et de blé bio dans son exploitation agricole basée dans le sudouest, sa terre natale. 

L’AGENCE BIO AU SALON DE L’AGRICULTURE 2024

RETROUVEZ L’AGENCE BIO LORS DE LA 60ème EDITION DU SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE.

Du 24 février au 03 Mars, l’Agence BIO sera présente au SIA 2024 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris. L’Agence BIO et ses partenaires donnent rendez-vous aux visiteurs sur son espace éco-design, situé à l’entrée du Pavillon 4 (stand B010).

Depuis plus d’un demi-siècle, le Salon International de l’Agriculture rassemble chaque année tous les acteurs du monde agricole. Le SIA est l’évènement agricole de référence, non seulement en France mais aussi à l’étranger.

La présence de l’Agence BIO sur le Salon de l’Agriculture, pour cette nouvelle édition 2024, a pour objectif principal de rappeler les fondamentaux du bio, il s’agira de les illustrer de manière visible, imagée et ludique.

La participation de l’Agence BIO se présentera comme un prolongement de la campagne #BIOREFLEXE, qui a débuté sa vague 3 pendant la Journée Européenne du Bio, le 23 Septembre 2023, lors d’une conférence de presse.  

Il s’agira également d’informer, de sensibiliser le plus grand nombre de visiteurs pour que le BIO devienne un ECOGESTE.

De ce fait, deux grands thèmes seront mis en avant cette année :

« Pour nous, pour la planète, pour nos producteurs locaux ayons le #BIOREFLEXE » 

Interactif et pédagogique, vous retrouverez donc sur le stand de nombreuses animations pour les petits et les grands !

UN Programme bien, bon et bio !

L’Agence BIO a pour objectif de sensibiliser petits et grands aux bienfaits de l’agriculture biologique de manière ludique et joyeuse pour que le bio soit ancré comme un écogeste.

  • Des animations culinaires
  • Des quizz
  • Des jeux pour les enfants et des cadeaux bio à gagner ;
  • Des animations Bio Consom’acteurs : pour sensibiliser les jeunes citoyens à la
    relation fondamentale entre leur assiette, la biodiversité, l’eau et les animaux ;
  • « Mon Premier Potager Bio » : une initiation à l’agriculture biologique pour les
    plus jeunes.

Les animations culinaires

Parce que bio rime avec délicieux, l’Agence BIO propose pendant ces 9 jours des démonstrations et des animations culinaires pour toutes et tous. Des recettes faciles et accessibles présentées par des chefs de tous horizons (cantine, bistrot, gastronomie) et reconnus pour leur engagement, parmi eux : 

 • Thibault Spiwack, 1 étoile Michelin et 1 étoile Michelin verte avec son restaurant Anona (Paris 17ème) et ambassadeur de la campagne #bioreflexe.

 • Chloé Charles, cheffe du restaurant Lago (Paris 11ème) et chantre du local bio antigaspi.

 • Bérangère Fagart, cheffe du restaurant Sélune (Paris 11ème) et co-présidente de la Communauté Ecotable.

 • Pierre-Yves Rommelaere, chef de cantine au collège Joseph-Anglade de Lézignan-Corbières (Aude) et co-auteur d’Une autre cantine est possible pour une restauration collective locale et bio. 

Ainsi qu’un collectif de chefs de l’association Bon Pour le Climat, parmi lesquels Josselin Marie (La Table de Colette, Paris Vème), chef partenaire de notre programme « Cuisinons Plus Bio ».

Une chasse au trésor

Le BUT DU JEU : 

Une chasse au trésor #BIORÉFLEXE organisée en partenariat avec les membres de l’Équipe de France du BIO.

Découvre sur le Salon de l’Agriculture les stands qui oeuvrent pour la bio et le #bioréflexe, trouve les indices et réponds aux énigmes sur ton livret que tu retrouveras en téléchargement ici.

Ta chasse aux trésors fera de toi un vrai héros du #BIOREFLEXE !

Bonne chasse et bonne chance !

L’amplification de la campagne #BIO RÉFLEXE pour la 3ème année

Cette année encore  le chef Thibaut Spiwack, ambassadeur de la campagne BIO REFLEXE, sera de nouveau présent  sur le stand de l’Agence BIO lors du Salon de l’Agriculture 2024. Retrouvez ces nouvelles recettes de saison, antigaspi et 100% BIO, pour cette nouvelle édition.  

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Alessandra Fottorino, à la recherche du terroir perdu.

Sommelière, directrice de l’école vins et spiritueux du Vingt-Deux, à Montreuil, et autrice  de In vino Femina1, avec Céline Pernot-Burlet (Hachette Pratique 2022), Alessandra Fottorino éveille les palais avec allégresse. Elle consacre son palais à la dégustation de vins bio, voire biodynamiques pour des raisons de goût, avant tout. Celui du terroir émancipé de la chimie synthétique, celle-là même dont on veut actuellement sortir à grands coups de plan Ecophyto. 

A force de travail, de découvertes de vigneronnes et vignerons travaillant sur des vins d’auteurs, Alessandra s’est rendue incontournable dans la galaxie de la dégustation de vins « normaux ». « Au 22, notre école, tous les vins dégustés ici sont au minimum bio, mais aussi biodynamiques et nature. Mes élèves me demandent en arrivant « pourquoi on ne boit pas des vins « normaux » ? », sous-entendu non bio, et je leur réponds que c’est justement ce qu’on fait : redécouvrir les saveurs originelles du vin. C’est toute une éducation et une déconstruction de ce à quoi ils sont habitués, mais au bout de 3 ans, ils ne se voient pas revenir à ce qu’ils buvaient avant.  Je me dis alors que j’ai réussi ma mission ».   

Il y a vingt ans, Alessandra ne se prédestinait pas à cette trajectoire. En échec scolaire, elle quitte l’école à 16 ans. Rêvant d’indépendance, elle démarre comme serveuse et barmaid. Elle sent bien que ses lacunes théoriques sur les contenus de ce qu’elle sert à boire la condamne à rester à cette place, alors elle passe son bac en candidate libre, puis intègre Ferrandi en dernière minute. Pendant un an, elle fait ses classes accélérées à deux pas de l’Assemblée Nationale chez Bernard Loiseau. La carte des grands crus de Bourgogne l’émerveille, mais elle ne peut pas plus la décrypter qu’un texte en chinois. Thomas, le sommelier, la prend sous son aile et lui confirme que son avenir est de parler couramment la langue du vin et des « climats ».  

Après un BTS boissons elle fait ses classes pendant 7 ans aux repaires de Bacchus. Arrivée apprentie, elle repart directrice des ventes, et entre temps a visité nombre de vignobles et vignerons partout en France. 

Pourquoi ce crédo bio ? Elle avance « pour les consommateurs, l’excès de labels ajoute de la confusion alors que le bio, label public et garantie d’état se suffit à lui-même pour savoir comme a été traité le raisin que l’on trouve dans le vin. Les gens ont besoin de clarté : dans toutes mes formations, ma pédagogie, c’est de reprendre les bases. J’ai des questions comme « quoi, mais on peut mettre du glyphosate dans les vignes ? ». S’ils étaient mieux informés en amont, ils choisiraient probablement différemment, il faut accélérer la communication pour être audibles et transparents : le bio dans les champs est nécessaire mais non suffisant pour avoir du plaisir avec le vin, il faut le talent des vignerons ou vigneronnes pour faire de bons vins bien sûr, et choisir en conscience. Mais il est indispensable pour produire proprement ».  

Alors qu’apprend-on avec Alessandra ? Que le vin bio c’est produire du raisin sans produits chimiques synthétique et vinifier avec une liste réduire d’additifs.  

Que la biodynamie c’est le cahier des charges AB augmenté de critères supplémentaires. 

Qu’il peut y avoir des sulfites dans le vin bio. 

Que les labels Vegan traitent de la vinification et ne disent rien des traitements chimiques dans les vignobles sur les grains.   

Où en est-on du vin bio ?  

21% des vignes françaises sont cultivées en bio, et nombre de beaux domaines ont sauté le pas de la certification comme le Pontet Canet à Pauillac ou la Closeries des Moussis dans le Haut Médoc. Des bouteilles qu’on peut retrouver au 22, où elle ravive la tradition oubliée de la dégustation des Gourmets : « au XIIè siècle, l’ordre des Gourmets goûtaient les vins pour en certifier la provenance et leur dégustation passait uniquement par la bouche car c’est elle qui transcende, qui juge le sol. Si vous n’avez pas de terroir, mais de la chimie synthétique, ce n’est pas la même approche ». 

D’accord, mais il a quoi en plus au goût, ce vin bio ? « Selon moi, une expression beaucoup plus juste des acidités. Ce sont des vins qui activent la salivation, plein d’énergie et que bien souvent, on digère mieux grâce aux levures indigènes, c’est-à-dire que l’on utilise celles des grappes du vin ».  

Concernant l’avenir de cette filière, elle se montre rassurée car les vignerons et surtout les enfants de vignerons se convertissent, mais s’impatiente du rythme du processus quand pour elle le 100% bio est réaliste : « il n’y a aucune raison pour que tous les vins ne soient pas bio. A terme. Il faut un cheminement, mais c’est techniquement tout à fait faisable et souhaitable face au dérèglement climatique : le bio est plus résilient, aux maladies et aux climats changeants, donc fonçons ! ». Effectivement, nous sommes à l’heure des choix : irriguer des cultures viticoles comme c’est le cas en Argentine et en Afrique du Sud alors que nous sommes en stress hydrique, ou redécouvrir des cépages autochtones plus résistants et au goût des terroirs oubliés.  

Et qui du cuivre, ou bouillie bordelaise, dont on dit des viticulteurs bio qu’ils en abusent ?  

« Le bio encadre strictement son utilisation à 4kh par an par hectare, et un viticulteur bio le sait : son sol, son « terroir » est son premier capital, jamais il ne l’abîmerait sans compromettre sa certification, et le cuivre n’est pas toxique, quand il est utilisé en toute petite quantité et en faible concentration ni pour l’agriculteur ni pour la nappe phréatique, on en trouve même en complément alimentaire en parapharmacie, alors parlons plutôt robe, alcool, sucrosité, minéralité, longueur en bouche, voilà des mots appétissants »  

Julien Adda et le réseau Cocagne : « soutenir le projet social de la bio »

Depuis 1999, les Jardins de Cocagne font pousser des emplois en insertion dans des fermes pionnières de l’agriculture biologique. « Nous faisons dialoguer le monde agricole et le monde social », explique Julien Adda, directeur du Réseau Cocagne. Et c’est bon pour tout le monde.

Il y a ceux (et celles) qui rêvent d’un pays de Cocagne, et il y a celles (et ceux), pragmatiques et engagés, qui préfèrent les bâtir. Julien Adda est de ceux-là. Infatigable militant associatif, il est venu au bio non pas par l’alimentation, mais par… les chaussures. « En 2006, j’ai participé à la création d’une marque de chaussures équitables à Romans-sur-Isère, avec tannage végétal du cuir, raconte-t-il. Cette aventure m’a fait rencontrer de nombreux acteurs de l’écosystème bio… » Le courant passe si bien que Julien Adda devient en 2010 délégué général de la FNAB, à laquelle il apporte son regard extérieur et son expérience du plaidoyer associatif. « Je viens d’un milieu rural mais c’est avec la FNAB que j’ai véritablement découvert le monde agricole, confie-t-il. Une découverte dont on ne revient jamais vraiment, parce qu’elle touche à l’essentiel. »  

A la tête de la FNAB, il se bat pour faire reconnaître l’utilité publique du travail des agriculteurs bio – notamment la protection de ces biens communs que sont les sols et l’eau. Après sept ans de mandat, il se rapproche encore des champs et prend en 2017 la succession du co-fondateur du Réseau Cocagne. Son défi ? Rapprocher le monde agricole et le monde social, et réaliser l’alliance opérationnelle de ces deux logiques d’intérêt général : « Parlons des situations de travail dans l’agriculture et nous pourrons dialoguer et construire ensemble hors des positions caricaturales », propose-t-il. 

Le goût de l’intérêt général

Le premier Jardin de Cocagne est né en 1991 dans le Doubs, sur une idée visionnaire empruntée à une ferme près de Genève: celle de paniers bio (à une époque où les AMAP n’existaient pas encore!) et solidaires car produit par des personnes issues de l’hébergement social. Le réseau, lui, s’est développé à partir de 1999, en démultipliant les embauches de ces personnes en situation de précarité dans des fermes associatives maraîchères labellisées AB. « Il y a une vraie dimension thérapeutique au travail de la terre en bio : c’est porteur de sens, et réellement gratifiant », insiste Julien Adda. 

En 2023, le réseau Cocagne compte plus d’une centaine d’associations : des exploitations de 5 ha en moyenne où travaillent une trentaine de personnes, dont une vingtaine en contrat d’insertion (5000 personnes accompagnées chaque année!), et qui proposent des paniers aux familles adhérentes – ainsi que des paniers solidaires pour les personnes en situation de précarité alimentaire, des étudiants jusqu’aux familles nombreuses.  

Les paniers solidaires, solvabilisés aux deux tiers, représentent environ 10 % de la production des Jardins. Avec l’ambition de passer de 120 000 à 350 000 paniers solidaires d’ici 3 ans grâce au programme Mieux manger pour tous du ministère des solidarités. « Pour cela, il va nous falloir structurer une vraie filière alimentaire solidaire », explique Julien Adda, qui prône toujours la coopération des acteurs plus que la concurrence : « Partout où nous sommes, nous recherchons tous les liens possibles avec les acteurs locaux ; on s’inscrit dans l’écosystème… et on contribue à l’étendre. »  

Les « écopôles alimentaires » sur lesquels travaille l’association participent de cette logique de filière, du champ jusqu’aux assiettes des personnes les plus défavorisées.  

Inventer un avenir bio et solidaire

Le Réseau Cocagne, qui ne manque jamais de projets, s’active en permanence pour trouver un maximum de débouchés pour les personnes en insertion. Les Jardins créent ainsi des activités de transformation alimentaire et des plateformes logistiques, pour enrichir la palette de métiers proposés – tout en s’intégrant dans les filières agricoles des territoires.  

Le réseau Cocagne déploie également depuis 2021 une expérimentation nommée « Fais pousser ton emploi », qui s’inspire des chantiers d’insertion pour en faire un outil innovant d’accompagnement à l’installation. Car la transition alimentaire aura bien besoin d’agriculteurs, et d’agricultrices !  

Des centres sociaux aux étoiles du chef

La transition se fera aussi par une distribution aussi large que possible des produits bio. Les Jardins de Cocagne s’y emploient avec auprès de leurs 100 000 familles adhérentes, et avec plus de 1 300 points de dépôt – dans les centres sociaux, les associations, les entreprises… et jusqu’aux cuisines d’un chef étoilé, en Ardèche !  

Le Jardin du Terreau, à Cruas, travaille en effet avec Florian Descours, le talentueux et créatif chef du restaurant La Boria, à Privas. Jusqu’à organiser, en décembre 2023, un grand déjeuner délocalisé dans les serres du Jardin – de quoi magnifier les fruits et les légumes produits sur place ! « Le restaurant a aussi embauché en cuisine des personnes ayant fait leur parcours d’insertion au Terreau », précise Julien Adda.  

La bio comme outil d’action publique

Le social ET le bio qui avancent main dans la main : c’est la clé pour la démocratisation de l’agriculture biologique. Et pour aller plus loin encore, Julien Adda propose… de revenir à ce qui a fait la force historique du mouvement : les circuits courts, et la constitution de communautés locales hors d’une pure logique de marché. « Nous devons revenir à un développement articulé autour des effets utiles du bio, explique-t-il. L’agriculture biologique n’a rien à gagner à jouer le jeu du marché : face à des acteurs plus gros et avec des contraintes moindres, les cartes sont truquées. » Il plaide donc pour que les pouvoirs publics reconnaissent le bio « comme un outil d’action publique ».  

Un militant aux services d’entrepreneurs qui construisent des économies hors marché, et qui prône la coopération plus que la concurrence : on connaît des éditorialistes qui auraient tôt fait de le cataloguer en doux rêveur. S’ils savaient combien Julien Adda et les Jardins de Cocagne ont créé d’emplois, ils riraient peut-être un peu moins. Et qu’ils commandent donc un panier bio, tant qu’ils y sont.  

ÉVALUATION DE LA CAMPAGNE D’INFORMATION ET DE PROMOTION DE L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET SES PRODUITS ANNEES 2023-2024-2025,

L’Agence BIO réalise une mise en concurrence ayant pour objet l’évaluation de l’impact de la campagne d’information et de promotion de l’agriculture biologique et ses produits années 2023-2024-2025, intitulée « Du Bio, Chef » (Le nom du programme dans les outils de communication est « Cuisinons Plus Bio).  

Lancement de la procédure : Jeudi 21 décembre 2023 
Date limite de réception des offres : Lundi 22 janvier 2024 – 12h00 (heure française) 
Notification : Jeudi 25 janvier 2024 

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François Besancenot, la pédagogie par le goût

Attention, cet homme va vous faire aimer les légumes comme jamais ! Géographe et cuisinier, François Besancenot développe dans la région lyonnaise une vraie pédagogie du bien-manger, en partant des produits eux-mêmes pour sensibiliser aux bienfaits de l’agriculture biologique. Vert, et emballant ! 

Combien de vies a eu François Besancenot ? Étudiant puis enseignant en géographie, ingénieur territorial, cuisinier, créateur d’outils pédagogiques, animateur de conférences-dégustation, il est également devenu auteur en 2023, avec un ouvrage de référence, complet et sensible : Légumes des terroirs : histoire, vertus et mode d’emploi (ed. Le Sureau), co-écrit avec Daniel Vuillon, maraîcher bio et fondateur du réseau AMAP. Et comme formateur de futurs chefs, il plaide pour une nouvelle façon d’appréhender les produits, pour qu’ils donnent le meilleur – sur le plan du goût, de la santé, et du respect de l’environnement. En bio, donc.  

De la théorie à l'approche par le goût

Mais n’allons pas trop vite, et remontons donc avec lui le « fil vert » d’une vie bien remplie. Né d’un père agriculteur et d’une mère pharmacienne, François Besancenot se lance d’abord dans des études de géographie, « pour comprendre comment se fabrique un territoire ». Il soutient une thèse sur le développement durable appliqué aux territoires en reconversion industrielle, enseigne pendant trois ans. En 2008, premier virage : il quitte l’Université pour rejoindre l’association e-graine, dans laquelle il développe des contenus pédagogiques d’éducation au développement durable, avant de mettre tous ces savoirs en pratique, en travaillant plusieurs années pour le Parc Naturel de la Chartreuse.  

Toutes ces expériences forgent en lui une conviction : pour sensibiliser à l’environnement et parler au plus grand nombre, il faut partir non pas de la théorie, mais de l’expérience concrète, sensible : « partir de la base, et de ce qui fait plaisir : manger, cuisiner, partager un bon plat avec d’autres… Un peu comme le vin, avoir une expérience géo-sensorielle mais aussi reliée aux autres… Alors seulement, vous pouvez parler de la façon dont les légumes sont produits, l’importance des vitamines, le danger des intrants, etc. Et donc de notre environnement et de notre santé. » 

Et comme François Besancenot ne fait pas les choses à moitié, il amorce le deuxième grand virage de son parcours : en 2016, à quarante ans, il sinscrit… à un CAP Cuisine. « Pas une reconversion, précise-t-il : mais un nouvel apprentissage en vue de mettre en place une nouvelle pédagogie ». Car il a un plan en tête… 

La passion du bien-manger

Plusieurs expériences s’ensuivront : restaurants, ferme-auberge, traiteur… Partout où il passe, il développe l’approvisionnement en bio. « 1 % de bio seulement dans les restaurants, c’est fou !, dit-il. Mais quand on développe l’argument de santé, et de vie du territoire, on arrive à faire bouger les choses… » 

C’est aussi dans cet esprit qu’il monte l’association Santé-Goût-Terroir, avec un ami vigneron bio. « L’idée avait germé avant même que je m’inscrive en CAP, raconte-t-il. Je me suis dit : pourquoi ne pourrions-nous pas parler des légumes comme on le fait d’un vin, avec son terroir, son mode de production, la subtilité du goût ? » 

L’équipe de l’association parle aux petits et aux grands dans les écoles du Grand-Lyon (de la crèche à l’université), sur les marchés, dans les centres sociaux : partout, ils expliquent les bienfaits très réels des légumes cultivés en bio, ils racontent leur histoire, leur géographie, mettent les sens en éveil, redonnent le goût de l’artichaut…  

Bio : la conviction par l’exemple

Les confinements de 2020-2021 mettent un coup d’arrêt provisoire à ces rencontres. François, lui, poursuit son travail de restaurateur dans une crèche. Il y travaille avec un approvisionneur bio (Biorégion), et s’applique à changer les pratiques. Moins de plats préparés, on se met à montrer, sentir, raconter l’histoire des légumes, les travailler, jouer sur les couleurs pour donner l’appétit aux enfants…  Le résultat ? Un travail qui prend du sens, une diversité de goûts accrue, l’enthousiasme des enfants… et un budget parfaitement tenu (1,41€ de coût-matière par repas) grâce à une réduction drastique du gaspillage. « En brossant les légumes au lieu de les éplucher, on gagne près de 15 % en volume, sans rien jeter», explique-t-il. Et parce que les légumes bio, plus rustiques, sont « moins dopés aux intrants et à un apport souvent excessif en eau », ils se conservent mieux, et permettent de réaliser des économies d’échelle en achetant en plus grandes quantité. Un cas d’école, si on ose dire ! 

Former celles et ceux qui feront bouger les lignes

Depuis 2022, François Besancenot a ajouté une nouvelle corde à son arc : il intervient comme formateur pour des élèves de lycée hôtelier et des étudiants en Licence 3 professionnelle liée aux métiers du tourisme et à la valorisation des produits de terroir à l’Université. Très loin du CAP qu’il a pu suivre. « En CAP, on nous appris le comment, mais jamais le  pourquoi. Les étudiants à qui je m’adresse veulent en savoir plus sur les produits eux-mêmes, leur raison d’être, leur origine, leurs bienfaits, leur « destinée », ils se demandent comment en parler à leurs futurs clients… »  

Avec eux, comme lors des conférences-dégustations qu’il mène parfois avec avec des producteurs locaux, il développe son discours sur les 4C essentiels au respect du produit : connaître, choisir, conserver, cuisiner. « Pour que de bout en bout, le légume donne le meilleur au niveau goût et santé ! » 

« Légumes des terroirs » : le livre, et la suite

Ces 4C sont à la base du livre Légumes des terroirs : histoire, vertus et mode d’emploi. Un trésor de savoirs sur les légumes de nos jardins et leurs différentes variétés, leurs apports nutritionnels, leur goût… et les différentes façons de les cuisiner. Un ouvrage de référence « tout-en-un », avec des conseils extrêmement pratiques dont nous devrions tous prendre de la graine : ne pas conserver trop longtemps les poireaux dans son réfrigérateur, par exemple (ils y perdent vite leurs vitamines), préférer les cuissons à la vapeur, ou à l’étouffée pour tous les légumes pour qu’ils conservent toutes leurs qualités organoleptiques… ou encore garder le jus de cuisson, qui aura conservé arôme et nutriments.  

Le livre est sorti au printemps 2023. Depuis lors, François Besancenot est reparti en campagne pour partager le plaisir des légumes. Il intervient sur les marchés, poursuit ses conférences-dégustations et propose aussi des ateliers-cuisine. On vous souhaite de bientôt croiser sa route !  


Bon appétit ! 

Julie Stoll : « le commerce équitable, un point d’appui vers le bio »

Economiste du développement et figure du commerce équitable en France depuis près de quinze ans, Julie Stoll est aussi une convaincue de la bio. Deux labels qui partagent des valeurs, une vision des filières agro-alimentaires… et des défis communs pour les années à venir.

Qui a dit que les grandes écoles menaient seulement aux banques d’affaires ? C’est lors de ses études à la London School of Economics que Julie Stoll s’est intéressée au commerce équitable. Sa première expérience professionnelle, dans une maison d’édition plutôt éloignée de la doxa capitaliste, Pluto Press, qu’elle publie un ouvrage sur le sujet.

De retour en France, après une expérience au sein de l’ONG CCFD-Terre Solidaire, elle intègre en 2008 la plateforme Commerce Equitable France, dont elle est la déléguée générale depuis 2017.

Deux labels qui se complètent

Mais peut-être faut-il rappeler les bases du commerce équitable ? Une juste rémunération pour les producteurs, une relation commerciale inscrite dans la durée, des projets de développement local, la transparence et la traçabilité des filières, la sensibilisation des consommateurs… « Ce que je retiens surtout, c’est que le commerce équitable permet d’améliorer les relations entre les acteurs au sein d’une filière donnée, précise Julie Stoll. C’est ce partage de la valeur qui donne des moyens aux agriculteurs d’investir dans la transition écologique. »

Aujourd’hui, Commerce Equitable France regroupe des entreprises, des ONG, des associations d’éducation populaire… et bien sûr, les 7 principaux labels présents sur le marché français : SPP, FairTrade/Max Havelaar, WFTO, Biopartenaire, Fair for life, Agri-éthique et Bio équitable en France. « C’est notre biodiversité », sourit Julie Stoll, avant de préciser que les labels sont bien plus que des logos apposés sur les produits : « Tous garantissent le respect de la définition légale du commerce équitable, avec des dispositifs d’audit et de contrôle aussi robustes que ceux du label AB. Mais un label n’est pas seulement un signal envoyé au consommateur, chacun d’entre eux fédère et anime un véritable écosystème d’entreprises et d’organisations de producteurs – c’est une dynamique précieuse pour mettre en mouvement tous les acteurs ! »

L’équitable en croissance… et en France

Et de dynamique, le commerce équitable ne manque pas. Depuis 2010, le marché a en effet été multiplié par 6, et dépasse désormais les 2 milliards d’euros annuels. Les deux tiers des ventes sont des produits qui viennent des pays du Sud – café, thé, cacao, bananes… Les filières françaises, encouragées par la Loi Hamon en 2014, représentent aujourd’hui un tiers des ventes de produits équitables, dans des domaines très divers : blé et boulangerie, produits laitiers, légumineuses, viandes et œufs… « En France comme dans le commerce Nord-Sud, les principes du commerce équitable sont les mêmes : on repense la rémunération des acteurs, et on structure des filières plus écologique grâce à des mécanismes d’amélioration de la répartition de la valeur ». Avec un souci de plus en plus saillant pour la préservation de l’environnement – qui s’est imposée depuis comme la Loi Climat de 2021 comme un nouveau « pilier » du commerce équitable.

Un nouveau pilier environnemental

« L’environnement est un engagement historique des acteurs français du commerce équitable », explique Julie Stoll. Une question de valeurs partagées, de responsabilité… et depuis la Loi Climat de 2021, une obligation. « C’était devenu une sorte d’évidence, mais nous avons poussé pour que ce soit inscrit dans la loi », précise Julie Stoll, elle-même consommatrice de bio « de la première heure ». Et s’il ne fallait retenir qu’un chiffre, ce serait celui-là : 83 % des références en commerce équitable sont également bio. Et c’était déjà la cas avant la loi Climat !

L’équitable résiste à l’inflation

Mais alors… Le commerce équitable connaît-il les turbulences dont souffre l’agriculture bio depuis la crise du Covid ? Pas tout à fait. En 2022, la consommation « équitable » a encore crû de 2 %, portée notamment par les filières françaises. Mais la conjoncture est évidemment délicate. « Nos labels n’ont heureusement pas à souffrir de la fabrique du doute qui a fragilisé l’agriculture bio ces dernières années, avec l’apparition d’appellations trompeuses, souligne Julie Stoll. L’inflation en revanche rend le contexte moins favorable, avec les arbitrages de certains consommateurs pour les produits les moins chers. » Pour autant, ajoute-t-elle, dans certains cas le commerce équitable aura été un rempart contre l’inflation. Dans la boulangerie, par exemple : « les prix du blé ont grimpé en 2022 pour des raisons essentiellement liées à la spéculation ; mais avec les contrats de commerce équitable garantis sur le long terme sur la base des coûts de production et non des prix de marché, les produits équitables étaient finalement moins chers !»

Vers une transition alimentaire bio et équitable

Reste à généraliser ce modèle vertueux. Et cela, Julie Stoll et Commerce Equitable France y travaillent, en se battant pour faire modifier les règles du jeu économique. « Mon premier souhait serait de mettre en cohérence toutes les politiques publiques pour favoriser l’engagement vers la transition alimentaire : moins de produits carnés, moins d’emballages, et plus de  produits bio et équitables », dit-elle. Encore faudrait-il que la puissance publique récompense les investissements allant dans le sens d’une protection de la nature et d’une juste rémunération des agriculteurs. Par des systèmes de bonus/malus écologiques, par exemple, et des plans d’accompagnement des acteurs à la transition agroécologique. Et Julie Stoll de pointer quelques lueurs d’espoir, comme ces discussions entamées dans certains pays africains pour moduler la fiscalité à l’export du cacao en fonction des pratiques des acheteurs : des taux moins élevés pour le cacao équitable et plus élevé pour ceux qui ne garantissent psa le paiement d’un prix décent aux planteurs.  « Voilà qui serait un vrai signal prix pour faire bouger les lignes et redonner de la compétitivité prix aux démarches d’avenir ! » conclut-elle. Un signal que toute la communauté bio guettera assurément aux côtés des acteurs de l’équitable…

Vincent Rozé : le bio joue et gagne en collectif

Installé depuis 22 ans en GAEC dans une ferme des Alpes, Vincent Rozé préside depuis 2017 le réseau Mangez Bio et ses 21 plateformes destinées à la restauration collective. Portrait d’un entrepreneur engagé, qui joue collectif avec un pragmatisme convaincant.

Un sourire dans la voix, le tutoiement facile et le verbe précis : Vincent Rozé est de ces gens qui vous embarquent en quelques phrases, et qui vous font voir le monde avec un regard neuf, et un optimisme revigoré.  

Né en Bretagne, fils d’éleveur, Vincent se lance dans des études d’ingénieur en « sciences de la terre », en Picardie. Le goût de l’aventure le conduit à effectuer son stage de fin d’études en Russie… dans un kolkhoze. Il y restera finalement 5 ans, avec une grande leçon : le collectif ne vaut que s’il permet aussi l’épanouissement de chaque individu. « C’était l’époque post-soviétique, se souvient-il. J’ai vu de près comment ce système avait détruit l’économie, mais aussi les gens. Plus personne ne se faisait confiance !» Et il glisse, malicieux : « J’y ai aussi travaillé avec des Américains, qui m’ont tout appris de la vente. » Il y rencontre aussi des amis avec qui, de retour en France, il décide de s’associer pour reprendre une exploitation laitière. Le projet : monter une fromagerie, et faire du pain, en prime.  

La Ferme de Sainte-Luce, de 0 à 22 travailleur.euses

A l’été 2000, ils visitent des exploitations, dans les Alpes. Dès la deuxième semaine, une rencontre, une ferme à reprendre à Sainte-Luce (Isère), et c’est parti : en 2001, les voilà installés en GAEC, avec une trentaine de vaches, prêts à convertir la ferme en agriculture biologique. Le bio, pour Vincent Rozé, c’était une évidence. « Une agriculture avec des produits chimiques qui tuent la vie ne peut pas gagner, dit-il avec le plus grand calme. Et d’ajouter : « J’espère qu’on pourra dire un jour que le chimie n’a été qu’une courte parenthèse dans l’histoire de l’agriculture.»  

L’organisation du travail se fait de façon collective et pratique : « Au départ, il s’agissait surtout de nous organiser pour garder les enfants ! ». Une philosophie qui perdure encore, alors que vingt ans plus tard, la ferme a bien grandi : si lait et fromages demeurent la principale production, on y fait aussi du pain (avec une marque de biscuits salés et sucrés), et désormais de la bière. Le tout sur 150 hectares, dont 90 ha de prairies. Aux 45 vaches s’ajoutent 60 cochons, qui valorisent le petit-lait et les drêches de fermentation de la bière. Le GAEC compte aujourd’hui 7 associés, et une équipe de 22 personnes – pour la production, mais aussi la commercialisation, en circuit court (« 80 % entre Grenoble et Gap », précise Vincent Rozé), auprès de particuliers ou de cantines locales. 

Mangez Bio Isère : une plateforme qui croît...

Mais pour livrer la restauration collective, il faut des volumes, et une offre diversifiée. La solution, pour les agriculteurs bio ? S’associer. Voilà pourquoi, en 2005, Vincent Rozé a créé la plateforme Mangez Bio Isère, en s’inspirant d’une expérience similaire en Ille-et-Vilaine. Les débuts ont été modestes, avec 5 producteurs et un salarié pour la commercialisation. « L’aide du département a été déterminante ; elle nous a donné le temps de grandir pour atteindre l’autonomie financière. Mais nous savions aussi que pour être pérenne, notre modèle devait être viable sans argent public ! » Quinze ans plus tard, le pari est réussi : Mangez Bio Isère réalise 7,5 M€ de chiffre d’affaires. La plateforme compte aujourd’hui 20 salariés, des achats au suivi de clientèle en passant par la structuration des filières, les ressources humaines, la qualité… et la logistique. 

« C’est un nouveau métier pour nous, et il est essentiel, insiste Vincent Rozé. Sur un appel d’offres, il peut représenter 50 % de nos coûts. Et là-dessus, nous devons être compétitifs, parce qu’on ne peut pas seulement compter sur nos valeurs ». Etre irréprochables sur le bio et sur le service, en somme. Et fixer le prix au plus juste pour les consommateurs et pour les producteurs.  

Vivement Egalim, pour de vrai

Depuis 2017, Vincent Rozé préside le réseau Mangez Bio, qui compte 21 plateformes en France. Idéalement placé, donc, pour voir la dynamique qui se poursuit (+15 % de croissance en 2022), mais aussi les résistances, chez des élus locaux qui n’ont pas encore pris conscience du caractère vital de l’enjeu d’une agriculture qui ne surexploite pas les ressources. « Avec le brouillard savamment entretenu par les labels type HVE, on sent aussi une grande appétence pour le local, sans trop regarder ce qui se cache derrière… » Face à cela, le réseau Mangez Bio a des atouts importants à faire valoir : une organisation collective, la maîtrise des métiers, et la capacité de garantir de gros volumes dans la durée. « Ce qu’il nous faudrait maintenant, c’est que la loi Egalim soit vraiment respectée », conclut-il.  

Il sait qu’une loi sans sanction n’est pas vraiment une loi. Il sait aussi que sur le temps long, il s’inscrit dans le sens de l’Histoire – celle qui respecte la nature au lieu de la contrôler. De la Bretagne à l’Isère en passant par la Russie, il a bien appris qu’à trop vouloir contrôler, on crée souvent plus de problèmes qu’on en résout… 

Valentin Ceze, pour une alimentation positive : la bio relève le défi

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Depuis dix ans, les défis « Foyer à Alimentation Positive » (FAAP) sensibilisent chaque année plusieurs centaines de familles pour consommer plus de bio sans alourdir le budget alimentaire et sont pilotés par le GAB 56 et GAB 44. Une démarche de plus en plus tournée vers les publics en situation de précarité, nous explique Valentin Cèze, chargé de mission à la FNAB, qui pilote l’opération.

L’idée est née en Rhône-Alpes, en 2012. Le principe ? Plusieurs équipes d’une dizaine de foyers (avec ou sans enfants) relèvent ensemble le défi d’augmenter leur consommation de produits bio locaux tout en conservant un budget constant… et en se faisant plaisir.

La première expérience fut un succès, et l’essaimage s’est fait naturellement, avec une formule éprouvée qui s’adapte à chaque territoire. L’impulsion de départ est toujours donnée par une structure locale (collectivité, CCAS, communauté de communes…) avec le GAB (Groupement d’agriculteur-ices biologiques) local. Des structures relais recrutent les foyers volontaires pour participer au défi… Et c’est parti pour 6 à 8 semaines en moyenne, avec une recette qui a fait ses preuves : une soirée d’ouverture, suivie d’un temps fort tous les 15 jours environ :visite de ferme bio, cours de cuisine, atelier anti-gaspi… Pendant tout ce temps, chaque foyer note avec précision ses achats alimentaires, pour pouvoir dresser le bilan lors de la soirée de clôture conviviale, où les participants partagent leurs recettes. Si les équipes ont réussi à manger mieux sans augmenter leur budget, c’est gagné !

Une dynamique au-delà de l’opération

En 2023, 24 défis FAAP ont été organisés dans 12 départements, avec un peu plus de 600 foyers inscrits. « Nous n’avons pas la force de frappe de grands acteurs, mais sur chaque territoire où nous intervenons, nous faisons tout pour créer une vraie dynamique positive autour de l’alimentation bio », explique Valentin Cèze, chargé de mission Alimentation et Commercialisation du bio à la FNAB.

Originaire des Hautes-Alpes et connaisseur du milieu agricole, le jeune homme a fait ses premières armes professionnelles dans une association d’aide alimentaire appuyée à une entreprise de l’ESS de récupération d’invendus. Et il reconnaît volontiers n’avoir pas toujours été un militant de l’agriculture biologique. « Comme beaucoup de monde, je manquais d’information sur le sujet, dit-il, avant d’ajouter dans un sourire : Au fond, j’aurais été un parfait candidat pour les défis ! » Désormais converti, il loue avec verve l’importance de la bio pour les consommateurs, les producteurs et les territoires. Et il sait que les défis FAAP peuvent créer le même genre de déclic. « L’objectif est de réussir le défi, et de changer les pratiques de plusieurs foyers sur un même territoire. Mais l’idéal est surtout de faire de nos participants des ambassadeurs, bien après l’opération ! » Un défi après le défi, en quelque sorte ; avec de vraies chances de succès. « Nous n’avons pas de données sur l’écho que peuvent avoir nos opérations [un travail est en cours sur ce point avec des universitaires], mais nous savons qu’ils en parlent autour d’eux pendant le défi ; et qu’il y a généralement une vraie fierté des résultats. »

Achats bio en hausse, à budget (presque) constant

Achats bio en hausse, à budget (presque) constant

Les résultats, parlons-en !

Depuis 2012, les statistiques parlent d’elles-mêmes : plus de 2000 participants, 17 points d’achats bio en plus dans la ventilation des courses (dont +11 pour le bio local)… et une augmentation du budget alimentaire de seulement… 0,04€.

Pour les défis de 2023, la réussite est plus éclatante encore sur la maîtrise du budget : le panier moyen des repas est en effet passé de 2€ à 1,60€ – avec un « panier bio local » en hausse de 8 points. Le tour grâce aux actions de sensibilisation, mais aussi à l’entraide entre participants.

« Il y a une vraie émulation, entre les équipes et au sein de chaque équipe », se félicite Valentin Cèze. Émulation et non compétition, cela n’aurait aucun sens. Même si la coopération n’empêche pas d’éprouver la fierté d’avoir obtenu le meilleur score.

Au défi des foyers les plus précaires

Et si, comme le veut l’adage, on ne change pas une formule qui gagne, les GAB ont été eux aussi mis au défi. Depuis plusieurs années, en effet, les partenaires institutionnels sollicitent de plus en plus souvent le réseau pour réaliser des opérations avec des populations en situation de précarité, ou sur des territoires où manger bio est encore tout sauf un réflexe. Le XVIIIe arrondissement de Paris, par exemple.

« C’est une demande des collectivités locales au départ, note Valentin Cèze, mais c’est aussi une préoccupation croissante pour les agriculteurs bio, qui veulent montrer qu’ils s’adressent à tout le monde et pas seulement à une population aisée ».

Ainsi donc, chaque mois, un peu partout sur le territoire, des agriculteur.ices sensibilisent, échangent, démontrent. Et des familles apprennent à penser leurs courses autrement, cuisiner des produits bruts, inventer de nouvelles recettes…

Ouvrir des perspectives

Et tandis que de nouveaux défis FAAP se préparent pour 2024, la FNAB développe ou soutient d’autres opérations qui permettent de « décloisonner le bio » et de lever les freins qui subsistent à son adoption par de nouveaux consommateurs. A l’image de la douzaine de projets proposés par les GAB dans le cadre du programme « Mieux manger pour tous », ou de l’opération P.A.N.I.E.R.S, dans les Hauts-de-France, où la distribution de paniers bio s’accompagne d’ateliers de sensibilisation ou de formation. 

Les GAB 44 et 56 assurent respectivement la gestion du site internet des Défis FAAP (https://www.foyersaalimentationpositive.fr/) et l’accompagnement “technique” à la structuration d’un défi. La vraie nouveauté en 2024 est l’arrivée du GAB 44 dans la coordination des foyers, le GAB 56 étant depuis longtemps au coeur du dispositif, notamment pour accompagner les chargé-es de mission des GAB qui lancent pour la première fois un défi sur leur territoire. 

Autant de petits cailloux posés sur la route de projets plus ambitieux ou la refonte du système agricole et alimentaire français à laquelle la FNAB travaille via le collectif Nourrir. « Ce qui m’a marqué avec la bio, en plus de ses bienfaits pour les consommateurs, les paysans et l’environnement, c’est la force et le dynamisme du réseau », souligne Valentin Cèze, qui conclut en rappelant qu’il serait temps, pour tous les acteurs de la filière, de faire enfin respecter loi Egalim sur la restauration collective : « C’est essentiel, et pas seulement pour une question de débouchés économiques ! assure-t-il. Car le bio va bien au-delà. »

Voilà ce qu’on appelle la foi des convertis.

Cuisinons plus bio au SMCL 2023

L'Agence BIO sera présente au salon des Maires et des collectivités locales pour promouvoir le bio au restaurant, avec la campagne #CuisinonsPlusBio

En septembre dernier, l’Agence BIO a lancée sa campagne co-financée par l’Union Européenne #CuisinonsPlusBio. A la fois campagne d’information citoyenne, et communication pratico-pratique, celle-ci va mettre en lumière les chef.fes déjà engagé.e.s dans la transition alimentaire et donner envie à celles et ceux qui ne mettent pas encore de bio dans leurs menus de suivre le mouvement, en les accompagnant tout au long de leur démarche.

A l’Agence BIO invite donc les collectivités et les élus à les rejoindre du mardi 21 au jeudi 23 novembre au Pavillon 4 secteur Développement et Attractivités territoriales, stand F13 à Paris Expo, Porte de Versailles, pour un partage d’expériences et de réponses concrètes.

L’Agence BIO proposera également deux conférences sur l’espace « Atmosphère Résilience Agricole et Alimentaire » du Pavillon 4 :

Conférence 1 : Projets alimentaires territoriaux, une opportunité pour les produits locaux et bio ?

Mercredi 22/11 de 15h30 à 16 h15.

Conférence 2:  Cuisinons plus bio, des dynamiques urbaines !

Jeudi 23/11 de 11h30-12h15.

Retrouvez toutes les informations ici

BIOCTOBER

qu'est ce que c'est ?

Tout le mois d’octobre, l’Agence BIO lance le challenge #BIOCTOBER sur Instagram pour inviter chacun à mettre en place des petits ou grands changements dans son assiette et tendre vers plusde bio.

Objectifs

L’objectif derrière cette mécanique serait de mettre en avant deux messages : 

#1 Manger bio ne coûte pas un bras 

#2 On peut manger bio et gourmand

Le discours est très positif et non culpabilisant, et est soutenu à travers la production de contenus vidéos sponsorisés sur les réseaux et la diffusion tout au long du mois de contenus organiques relayés sous le hashtag #BIOCTOBER. 

pour cette edition....

En l’honneur du BIOCTOBER la compétition s’est disputée intégralement avec les oeufs bio de l’agricultrice Gaëlle PICARD, originaire de la Côte D’or.

Encore la preuve que bio et délicieux s’accordent parfaitement !